Coupe du monde 2026 : l'Amérique de Trump, après la Russie et le Qatar
Coupe du monde 2026 : l'Amérique de Trump

L'hyperbole est de mise. Après deux éditions organisées dans des régimes autoritaires, la Russie en 2018 et le Qatar en 2022, la Coupe du monde de football pose ses valises dans les États-Unis de Donald Trump. Un choix qui suscite autant d'excitation que de controverse, tant le locataire de la Maison-Blanche a bouleversé les codes diplomatiques et les équilibres internationaux.

Gianni Infantino, le président de la Fifa, n'a pas hésité à qualifier l'événement de « plus grand événement humain, social et culturel de l'histoire de l'humanité ». Une déclaration qui en dit long sur l'ambition démesurée de l'organisation, mais aussi sur sa propension à embrasser les pouvoirs en place, quels qu'ils soient.

De la Russie au Qatar, jusqu'à l'Amérique de Trump

Le chemin parcouru par la Fifa est vertigineux. En 2018, le mondial se déroulait en Russie, sous le régime de Vladimir Poutine. Quatre ans plus tard, le Qatar accueillait la compétition, un pays souvent critiqué pour son bilan en matière de droits humains et de conditions de travail des migrants. Aujourd'hui, c'est au tour des États-Unis de Donald Trump d'entrer en scène, avec le Canada et le Mexique. Un trio nord-américain qui n'avait plus accueilli la Coupe du monde depuis 1994.

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Le contexte politique, lui, a radicalement changé. L'ère Trump est marquée par un retour en force du nationalisme, des restrictions migratoires et une remise en question des alliances traditionnelles. Cette Coupe du monde sera donc scrutée sous un angle politique autant que sportif, avec un président américain qui n'a jamais caché son goût pour les grands spectacles et les déclarations chocs.

Un trio hôte inédit et des chiffres records

Pour la première fois, trois pays organiseront conjointement la compétition. Les États-Unis, le Canada et le Mexique accueilleront 48 équipes, un record historique, qui s'affronteront lors de 104 matchs répartis dans 16 villes hôtes. Atlanta, Dallas, Mexico, Toronto ou encore Vancouver : le territoire s'étend sur trois fuseaux horaires et deux langues dominantes, avec des défis logistiques considérables pour les supporters comme pour les équipes.

Cette édition 2026 sera également la plus chère jamais organisée, avec des investissements massifs dans les stades et les infrastructures de transport. Mais au-delà des chiffres, c'est le symbole qui frappe : une Coupe du monde confiée à un pays en pleine recomposition politique, dirigé par un homme qui ne cache pas son mépris pour les institutions multilatérales, dont la Fifa fait partie.

L'hyperbole comme doctrine

La formule de Gianni Infantino, aussi emphatique que déroutante, s'inscrit dans une stratégie bien rodée. Depuis son arrivée à la tête de la Fifa, le dirigeant italo-suisse multiplie les superlatifs pour décrire ses compétitions. En 2022, il avait déjà qualifié le Mondial qatari de « meilleur de tous les temps ». Cette fois, il va encore plus loin, évoquant rien de moins que « le plus grand événement humain, social et culturel de l'histoire de l'humanité ».

Cette surenchère verbale n'est pas anodine. Elle vise à justifier des choix contestés, à rassurer les sponsors et à asseoir l'autorité d'une institution régulièrement éclaboussée par des scandales de corruption. Mais elle révèle aussi une vision du football qui dépasse le simple sport : pour Infantino, la Coupe du monde est un outil politique et un vecteur d'influence mondiale.

Une compétition sous tension

L'organisation de la compétition dans un contexte trumpiste pose plusieurs questions épineuses. Qu'en sera-t-il des contrôles aux frontières pour les supporters et les équipes ? Comment les autorités américaines géreront-elles les demandes de visas, notamment pour les ressortissants de pays ciblés par les restrictions migratoires ? Les droits des travailleurs, si souvent pointés du doigt au Qatar, seront-ils cette fois respectés dans les chantiers de rénovation des stades américains ?

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Autant de sujets que la Fifa préfère ne pas aborder, préférant mettre l'accent sur la fête du football. Mais les associations de défense des droits humains et certains médias comptent bien maintenir la pression. L'ère Trump, avec sa rhétorique clivante et ses décisions unilatérales, pourrait transformer cette Coupe du monde en véritable champ de bataille symbolique.

En attendant le coup d'envoi, prévu pour l'été 2026, le monde du football retient son souffle. Après la Russie et le Qatar, l'Amérique de Trump offre une nouvelle scène à un spectacle qui ne cesse de repousser les limites de la démesure. Une chose est sûre : les superlatifs de Gianni Infantino ne seront pas de trop pour décrire ce qui se profile à l'horizon.