À l'approche de la Coupe du Monde 2026, une étude surprenante vient bousculer les clivages habituels. Selon une enquête menée par l'institut de sondage YouGov, les préférences footballistiques des supporters seraient corrélées à leur orientation politique. Les résultats indiquent que les personnes se déclarant de gauche auraient une nette préférence pour Lionel Messi, tandis que les électeurs de droite pencheraient davantage pour Cristiano Ronaldo.
Une étude aux résultats tranchés
L'étude, réalisée auprès de 2 000 personnes aux États-Unis, pays hôte de la prochaine Coupe du Monde, montre que 45 % des sympathisants de gauche choisissent Messi comme leur joueur favori, contre seulement 22 % pour Ronaldo. À droite, la tendance s'inverse : 38 % préfèrent Ronaldo, contre 28 % pour Messi. Les indépendants, quant à eux, sont plus partagés, avec une légère avance pour l'Argentin (32 % contre 27 %).
Ces résultats ne sont pas isolés. Une étude similaire menée en Europe, notamment en France et en Espagne, confirme cette tendance, bien que les écarts soient moins marqués. En France, 40 % des électeurs de gauche plébiscitent Messi, contre 25 % pour Ronaldo. À droite, 35 % choisissent Ronaldo, contre 30 % pour Messi.
Les raisons d'un clivage politique
Plusieurs analystes avancent des explications à ce phénomène. D'un côté, Messi est souvent perçu comme un joueur plus discret, modeste et collectif, des valeurs traditionnellement associées à la gauche. De l'autre, Ronaldo incarnerait davantage la réussite individuelle, la performance et la compétition, des traits plus en phase avec les valeurs de droite.
Le sociologue du sport Jean-Baptiste Guégan précise : « Le football n'échappe pas à la polarisation politique. Les supporters projettent leurs valeurs sur les joueurs. Messi, avec son jeu altruiste et sa vie privée sans scandale, correspond à l'idéal de gauche. Ronaldo, avec son ego affirmé et son image de winner, séduit davantage la droite. »
Cette étude intervient alors que la Coupe du Monde 2026 se déroulera aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les organisateurs espèrent que cet événement sportif saura transcender les clivages politiques, mais les résultats de l'enquête suggèrent que le football reste un miroir des divisions sociétales.
Réactions dans le monde du football
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Plusieurs figures du football ont commenté ces résultats. L'ancien international français Lilian Thuram, engagé à gauche, a déclaré : « Messi est un exemple de solidarité et de travail d'équipe. C'est logique que la gauche s'identifie à lui. » À l'inverse, le consultant sportif Pierre Ménès, plutôt classé à droite, a estimé : « Ronaldo est le symbole de la méritocratie. Il a tout gagné par son travail acharné, c'est un modèle pour la droite. »
Les deux joueurs, qui évoluent désormais respectivement à l'Inter Miami et à Al-Nassr, n'ont pas réagi officiellement. Mais leurs fans respectifs ont envahi les réseaux sociaux, certains voyant dans cette étude une confirmation de leurs préjugés, d'autres la dénonçant comme une simplification excessive.
Un impact sur le marketing sportif ?
Cette étude pourrait influencer les stratégies marketing des marques. Les sponsors cherchant à toucher un public de gauche pourraient privilégier Messi, tandis que ceux ciblant la droite opteraient pour Ronaldo. Cependant, les spécialistes du marketing sportif restent prudents. « Le football est universel. Réduire un joueur à son orientation politique supposée serait une erreur », prévient un expert.
En attendant, les supporters se préparent à vivre une Coupe du Monde 2026 sous haute tension, non seulement sportive mais aussi politique. Le match entre l'Argentine et le Portugal, s'il a lieu, pourrait être le théâtre d'une opposition symbolique entre deux visions du monde.



