Coupe du monde 2026, le saviez-vous : « J’ai pris perpétuité pour un crime que je n’ai pas commis », Maceo Barbosa, le gardien banni par le Brésil. Maceo Barbosa a poursuivi sa carrière jusqu’en 1962 à Vasco de Gama. Un but encaissé contre l’Uruguay a changé le destin de Barbosa.
Le drame du Maracanã
Le gardien de but du Brésil Maceo Barbosa sera banni du football brésilien à la suite du but encaissé face à l’Uruguay, lors de la défaite en « finale » de la Coupe du monde 1950 au Maracanã. La gloire flirte souvent avec la malédiction, notamment pour les gardiens de but. Le 16 juillet 1950, l’un d’eux vit une déchéance irréversible.
Loin de l’Europe et du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale, le Brésil, terre du « futebol », accueille la quatrième Coupe du monde. Le Maracanã, ses 199 854 spectateurs, et toute une nation rêvent d’un premier sacre. Et attendent le dernier match face à l’Uruguay pour amorcer leur règne sur la planète du ballon rond. Il n’y a pas de finale, mais une poule finale avec quatre équipes. Les partenaires de l’attaquant Ademir viennent de ridiculiser la Suède (7-1), puis l’Espagne (6-1). Un nul les sépare d’un premier titre chez eux, à Rio de Janeiro.
Le but fatal
À l’orée du dernier quart d’heure, les deux équipes sud-américaines sont à égalité (1-1). À la 79e minute, Maceo Barbosa, gardien du Vasco de Gama, fait face à l’attaquant de la Celeste, Alcides Ghiggia. D’un pas, il anticipe le centre et encaisse un tir décroisé dans un angle fermé, un angle impossible aux yeux des Brésiliens.
Une vie de rejet
La vie de Barbosa, premier gardien noir de la Seleçao, bascule dans le cauchemar. Il devient un paria, le seul responsable et surtout coupable du « Maracanazo ». « Au Brésil, la peine maximale pour un crime est de 30 ans. Moi, j’ai pris perpétuité pour un crime que je n’ai pas commis », dira-t-il dans ses derniers jours, après avoir été le gardien de la piscine du Maracanã.
Maceo Barbosa poursuivra sa carrière au Vasco de Gama jusqu’en 1962. Un an plus tard, il rachètera les poteaux du Maracanã et les brûlera pour exorciser le mauvais sort. Il portera la croix de cet échec jusqu’au bout. En 1994, le président de la Fédération Ricardo Teixeira lui refusera l’accès au centre d’entraînement. Banni jusqu’au 7 avril 2000, date de sa disparition au bout d’une vie de pleurs.



