Montpellier : un labo traque en 3h la bactérie mortelle du Lez
Montpellier : un labo traque en 3h la bactérie mortelle du Lez

Le laboratoire montpelliérain IAGE est capable de détecter en trois heures la présence de la cyanobactérie phormidium dans le Lez, une bactérie potentiellement mortelle pour les animaux et les humains. Cette détection rapide a conduit les communes de Prades à Lattes, en passant par Montpellier, à restreindre les activités de loisirs sur le fleuve depuis le 22 juillet.

Une prolifération exponentielle

La cyanobactérie phormidium se développe de manière exponentielle dans le Lez, favorisée par la chaleur, l'ensoleillement, la stagnation de l'eau et l'absence de pluie. Détectée il y a quelques semaines par le laboratoire IAGE, cette prolifération a poussé les mairies concernées à limiter les activités nautiques et de loisirs sur le fleuve.

À l'œil nu, cette bactérie se présente sous forme de filaments verts dégageant une odeur de vase. Elle est loin d'être inoffensive : chaque année, elle provoque la mort de chiens qui ingèrent de l'eau contaminée. "Une fois la bactérie ingérée, elle libère une toxine qui peut s'attaquer au système nerveux, au foie, à la peau ou encore aux reins", détaille Lucie Sanchez, ingénieure chimique au laboratoire IAGE. "On parle des animaux, mais c'est la même chose pour les hommes", ajoute-t-elle.

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L'attente des fortes pluies

Lucie Sanchez affirme qu'il n'existe pas de solution miracle pour lutter contre cette prolifération. "Il faut attendre les fortes pluies : c'est ce qu'on appelle un effet chasse d'eau. Malheureusement celles-ci arrivent de plus en plus tard au fil des années. En 2025, nous avons dû attendre de mai jusqu'à mi-décembre pour que les cyanobactéries s'évacuent", assure-t-elle.

Depuis neuf ans, le laboratoire IAGE est spécialisé dans la biologie moléculaire. Chaque semaine, les chercheurs reçoivent des échantillons du Lez afin de déceler toute présence de cyanobactérie. "En trois heures, nous sommes capables de détecter de manière fiable la présence de phormidium", affirme Franz Durandet, le directeur du laboratoire. Ce système de filtrage et de tests novateur évalue l'activité cellulaire de ces bactéries à partir de leur ARN. "C'est beaucoup plus précis qu'au microscope", ajoute le directeur.

Une surveillance holistique

Pour IAGE, la détection n'est qu'une partie du travail. Le laboratoire défend une surveillance holistique des risques microbiologiques. "On ne peut pas ignorer la résistance croissante des bactéries", alerte Franz Durandet. "Il faut continuer à étudier la santé des animaux, celle de l'environnement, tout autant que celle des êtres humains", complète Lucie Sanchez.

Le laboratoire est composé de 35 chercheurs et ingénieurs spécialisés en biologie moléculaire. Cette approche globale vise à mieux comprendre les interactions entre les écosystèmes et la santé publique, afin de prévenir les risques liés aux proliférations bactériennes.

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