Dans l'ordre sportif, le Brésil, cinquième au classement Fifa masculin, est très éloigné de Haïti, qui participe seulement à sa deuxième Coupe du Monde, plus de 50 ans après la première. Pour autant, ces deux pays qui s'affrontent la nuit du 21 au 22 juin dans le groupe C (comprenant également l'Écosse et le Maroc) partagent un passé similaire. Celui de l'esclavage, qui a configuré autant leur société que leur mode de résistance.
Un maillot haïtien retoqué par la Fifa
La Coupe du Monde aux États-Unis n'est pas de tout repos pour la sélection haïtienne qui, à quelques jours de son entrée en lice, s'est vu retoquer son maillot par la Fifa à cause d'une illustration qui y figurait. Jugée comme relevant du message politique par l'instance organisatrice, l'iconographie a été interdite. Cet incident rappelle que le football est souvent le miroir des tensions historiques et politiques.
Une histoire commune de résistance
Le Brésil et Haïti partagent une histoire marquée par l'esclavage, mais aussi par la résistance. Haïti, première république noire indépendante après une révolte d'esclaves réussie, incarne la lutte pour la liberté. Le Brésil, dernier pays des Amériques à abolir l'esclavage en 1888, porte encore les stigmates de ce passé dans ses inégalités sociales. Sur le terrain, ces deux équipes portent les espoirs de peuples qui ont su transformer la douleur en force.
Ce match est donc bien plus qu'un simple duel sportif : il est le symbole d'une mémoire partagée et d'une résilience collective. Les joueurs haïtiens et brésiliens foulent la pelouse en héritiers de cette histoire, conscients que chaque passe et chaque but résonnent au-delà du stade.
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