À 51 ans, Arnaud Vincent a prouvé qu'il n'avait rien perdu de son talent. Le champion du monde 125 cm³ de 2002 a remporté la course 1 de la Sunday Ride Classic au Castellet, les 16 et 17 mai derniers, sur sa Fantic 250 GP. Une performance remarquable pour ce pilote varois qui avait raccroché les gants de la compétition depuis 2009.
Un retour triomphal sur le circuit Paul-Ricard
Inscrit dans la catégorie Klass GP 250, Arnaud Vincent a signé une deuxième place en qualifications avant de s'imposer en course 1. Une victoire d'autant plus savoureuse que sa dernière victoire sur ce circuit remontait à 1996, lors d'une manche du championnat suisse. « Pff, si je ne me trompe pas, le seul succès obtenu sur le Paul-Ricard date de 1996 », confie-t-il. Il se souvient aussi de sa deuxième place au Grand Prix de France 1999, derrière Roberto Locatelli, après une rude bataille contre Emilio Alzamora et Masao Azuma.
Ce come-back en mode vintage est né d'une proposition de son ami pilote auto Soheil Ayari, passionné de motos et propriétaire de trois Fantic 250 GP. « Allez, viens, on va se marrer ensemble », répétait-il sans cesse. Arnaud Vincent a finalement cédé, poussé par l'envie de se battre devant et de retrouver des sensations fortes.
Une préparation sérieuse et une machine fiabilisée
Après 17 ans sans compétition, Arnaud Vincent ne s'est pas lancé à l'aveugle. Il s'est entraîné sérieusement, d'abord sur des pistes de karting avec une Ohvale 190, avant de passer à une machine plus puissante, équivalente à une Moto3. « Après les trois premières séances, j'étais un peu démoralisé. Pas facile de se dérouiller. Et puis c'est revenu d'un coup », raconte-t-il.
Sa Fantic 250 GP, qu'il avait développée en Grand Prix en 2005, a été fiabilisée par Soheil Ayari. « À l'époque, ça cassait à chaque roulage, ou presque. Maintenant, elle tourne comme une horloge », se réjouit-il.
Un week-end réussi malgré un contretemps
Le bilan est globalement positif : P2 en qualifications, victoire en course 1, mais un départ manqué en course 2 à cause d'un embrayage grillé durant le tour de formation. « C'est juste dommage d'avoir manqué le départ du second sprint », regrette-t-il. Il a néanmoins apprécié l'ambiance de la Sunday Ride Classic, où il a croisé de nombreux passionnés de moteurs 2 temps. Le parcours empruntait le grand tracé Paul-Ricard version F1 (5,8 km avec la chicane nord), une nouveauté pour lui qui avait connu le tracé court (3,8 km) lors des Grands Prix de France.
Prochaine échéance à Cervesina
Arnaud Vincent devait participer à une course à Brno, en République tchèque, mais celle-ci a été annulée après un accident mortel. Il se tourne désormais vers la finale du Klass GP à Cervesina, au sud de Milan, prévue les 26 et 27 septembre. « J'ai hâte ! », conclut-il, visiblement ravi de cette nouvelle aventure.



