Moins de 48 heures avant le coup d'envoi, la préfecture des Alpes-Maritimes a annulé l'Ironman France et le 70.3, programmés du 26 au 28 juin 2026 à Nice. La décision, motivée par l'épisode caniculaire frappant le pays, vise à protéger les participants et à ne pas saturer les services d'urgence déjà sous tension. Mais cette mesure radicale suscite une vive incompréhension parmi les athlètes et l'organisation.
Une décision préfectorale sans concertation
Yves Cordier, président d'Ironman France, exprime son amertume : « On doit surtout expliquer que ce n'est pas de notre initiative. Ce sont les services de l'État qui ont tranché, sans que l'on ait eu vraiment l'occasion de discuter ou de négocier quoi que ce soit avec eux. Même la ville de Nice a essayé d'intervenir. Sans résultat… » Il précise que l'organisation se sentait prête, avec des mesures renforcées annoncées la veille : points de ravitaillement supplémentaires, zones d'ombre et dispositifs de fraîcheur sur l'ensemble du parcours.
Un athlète ayant souhaité témoigner sous couvert d'anonymat dénonce le timing : « Pourquoi avoir attendu le vendredi, quand tout le monde est déjà sur place, a parfois dépensé des sommes folles rien qu'en déplacement, pour prendre cet arrêté ? Cette vague de chaleur ne remonte pas à hier quand même… » Il souligne que les températures sur la Côte d'Azur sont inférieures à celles d'autres régions et qu'un compromis, comme en 2019 avec des distances raccourcies, aurait été possible.
L'incompréhension des athlètes
Le Niçois Vincent Terrier, vainqueur du full en 2025 et candidat à la victoire sur le 70.3, se dit « dégoûté ». Selon lui, « les conditions ne sont pas pires que l'an dernier, au contraire. Il fait chaud, oui, mais rien d'anormal pour une fin juin à Nice. Et nous sportifs, on se prépare dans ces chaleurs. Quand on va à Hawaï sur les championnats du monde, c'est encore autre chose. C'est incompréhensible et un manque de respect pour les athlètes, surtout les 90 % qui viennent d'ailleurs. »
Marjolaine Pierré, vainqueur à Aix-en-Provence récemment et engagée sur le 70.3, partage cette colère : « Annuler 48 heures avant, c'est un manque de respect total. Pour nous, mais aussi pour l'organisation, qui bosse depuis des mois. Il a toujours fait chaud à Nice, alors on fait quoi ? On ne fait plus rien ? Ce week-end, à Francfort, il y a 42 degrés de prévus, et pourtant ça va se dérouler. »
Un avenir incertain pour l'événement
Interrogé sur un éventuel report, Yves Cordier reste prudent : « C'est encore trop tôt, même si on sait déjà que c'est tout sauf évident de trouver une nouvelle date dans le calendrier. Rien n'est encore définitivement acté. On est en phase de réflexion et on va essayer de faire au mieux. »
L'organisation, fragilisée économiquement, laissera un goût amer aux participants. Cet épisode rappelle que, face au dérèglement climatique, la performance sportive ne peut plus ignorer la protection des plus vulnérables et la préservation des moyens de secours. Cependant, certains détenteurs de dossards appellent sur les réseaux à un Ironman « sauvage » ce dimanche, en dehors de tout cadre officiel, signe que le message n'a pas encore pleinement infusé.



