De notre envoyé spécial à Roland-Garros, même dans cette édition complètement déjantée qui renvoie chaque favori à la maison sans sourciller, le parcours de Madja Chwalinska mérite une attention particulière. D'abord parce qu'elle joue un peu comme le Fabrice Santoro de la grande époque, une rareté sur le circuit féminin, et ensuite parce qu'elle revient de nulle part. Elle est la première joueuse issue des qualifications à se frayer un chemin en deuxième semaine depuis des lustres, après sa démonstration face à Diane Parry.
Un chèque de 600 000 euros… après le tournoi
La jeune femme de 24 ans, un temps considérée comme un grand espoir du tennis polonais au même titre qu'Iga Swiatek avant de s'éloigner du circuit pour surmonter un épisode dépressif, est la première à ne pas en croire ses yeux, évidemment. Elle n'avait pas prévu de rester si longtemps à Paris, et n'en avait pas franchement les moyens. Ainsi, après sa victoire au premier tour contre Maria Sakkari, il a fallu se rendre à l'évidence : Chwalinska, dont les gains dépassent à peine les 110 000 dollars depuis le début de sa carrière, n'avait plus les moyens de se payer l'hôtel pour elle et son staff.
« Comme vous le savez, on ne touche le chèque de notre performance (600 000 euros pour tous les quarts de finaliste) seulement à la fin du tournoi, et là vraiment, je ne savais pas comment faire », a-t-elle expliqué devant la presse. Un appel discret, relayé par la presse polonaise, qui n'a pas tardé à fonctionner. C'est la compagnie locale de boissons énergétiques Oshee qui a proposé de régler l'addition jusqu'à la fin du parcours de la jeune femme.
Une rallonge nécessaire
Mauvaise nouvelle pour l'entreprise qui sponsorise également la reine Iga Swiatek : il va falloir lui donner une rallonge pour deux nuits de plus, au moins. Car au vu de l'état physique précaire d'Anna Kalinskaya après sa victoire marathon contre Anastasia Potapova un peu plus tôt, on a envie de miser gros sur Chwalinska et son jeu atypique pour rallier le dernier carré.



