Le champion de France de basket-ball en titre, l'AS Monaco, ne prendra pas part à la saison 2026-2027 de la Betclic Élite. Ce dimanche 2 août, la Ligue Nationale de Basket (LNB) a annoncé que le club de la Principauté était recalé des championnats professionnels, en raison de manquements financiers. Une décision sans précédent pour un champion en titre dans le basket hexagonal.
Selon la LNB, le dossier présenté par Monaco pour la nouvelle saison ne respecte pas les règles de gestion. La commission de contrôle des comptes a pointé des irrégularités dans les documents fournis, notamment au niveau des garanties de trésorerie. Le club dispose de dix jours pour faire appel, et peut saisir le CNOSF pour une tentative de conciliation.
Monaco, une puissance du basket européen
Le club de la famille princière a remporté le championnat de France à deux reprises, en 2023 et en 2026. Cette dernière victoire, acquise face au Paris Basketball en finale, avait offert à Monaco son deuxième titre en quatre saisons. Avec un budget estimé à plus de 35 millions d'euros, l'AS Monaco figure parmi les trois clubs français les plus riches, derrière l'ASVEL et le Paris Basketball.
Au niveau européen, Monaco s'est imposé comme un acteur incontournable de l'EuroLeague. Le club a atteint le Final Four à trois reprises lors des quatre dernières éditions. Cette exclusion des championnats nationaux ne concerne pas directement l'EuroLeague, dont l'attribution de la licence est gérée par l'EuroLeague Basketball. Le club pourrait donc conserver sa place dans la compétition continentale, même s'il évoluerait dans un championnat national inférieur.
Les conséquences sur l'effectif et le projet sportif
La relégation administrative aurait des répercussions considérables sur l'effectif professionnel. Les joueurs sous contrat ont généralement des clauses prévoyant une libération en cas de descente de division. Ils seraient donc libres de quitter le club sans indemnité de transfert. Plusieurs cadres, comme le meneur de jeu américain et le capitaine français, suscitent déjà l'intérêt de grosses écuries européennes.
Les installations sportives seraient également touchées. La salle Gaston-Médecin, qui accueille les rencontres de la Betclic Élite et de l'EuroLeague, pourrait être utilisée par l'équipe réserve évoluant en Nationale 1. Le centre de formation, qui a produit plusieurs internationaux jeunes, devrait être maintenu afin de préserver la filière de développement.
Un choc pour le basket français
La décision de la LNB a créé une onde de choc dans tout le monde du basket tricolore. Plusieurs entraîneurs et dirigeants de clubs ont exprimé leur étonnement, estimant que cette sanction pourrait ternir l'image du championnat. D'autres, en revanche, saluent une décision qui envoie un message fort sur la nécessité de respecter les règles économiques.
Le calendrier de la saison 2026-2027 est déjà prévu, avec un coup d'envoi du championnat fixé au 23 septembre. En cas de défaite en appel, Monaco serait remplacé par le premier non-relégable de la saison passée, en l'occurrence le Nancy Basket. Une situation complexe qui nécessiterait une modification du calendrier à quelques semaines de la reprise.
Pour Monaco, l'heure est à la mobilisation. Dans un message interne, le directeur général du club aurait indiqué que toutes les voies de recours seraient explorées. "Nous allons démontrer que notre modèle est financièrement viable sous certaines conditions et que ces conditions sont réunies aujourd'hui", aurait-il déclaré, selon une source proche du club. La bataille juridique ne fait que commencer.
Les précédents de la relégation administrative
Si l'exclusion d'un champion en titre est inédite, les relégations administratives ne sont pas rares dans le basket français. Au cours des quinze dernières années, plusieurs clubs ont été contraints de descendre d'un ou deux échelons pour des problèmes de finances, comme Antibes en 2005 ou le Havre en 2013. D'autres, comme le Limoges CSP, ont connu une rétrogradation en Nationale 1 avant de revenir au plus haut niveau. Mais jamais une équipe championne de France en titre n'avait été écartée avant de pouvoir défendre son titre.
La LNB justifie cette mesure par la nécessité d'assainir un championnat parfois fragilisé par la course aux résultats. Récemment, la commission a renforcé ses contrôles et exigé des garanties bancaires plus strictes. Le cas de Monaco devrait inciter les autres clubs à une vigilance accrue.
Quelle que soit l'issue, le paysage du basket français aura changé. Pour les supporters monégasques, déjà tournés vers la cérémonie des trophées, le choc est immense. Pour la LNB, il s'agit d'un test grandeur nature de sa détermination à assainir le sport-roi dans l'Hexagone.



