Le nageur français Yohann Ndoye-Brouard a officiellement lancé sa semaine parisienne ce mardi en s'engageant sur le 200 mètres dos, une épreuve dont il vise rien de moins que le record du monde. À 24 ans, le spécialiste du dos crawlé affiche des ambitions démesurées, mais assumées : « Je dois m'approcher du record du monde », a-t-il déclaré avec une détermination tranquille.
Une préparation ciblée pour une performance d'exception
Pour atteindre cet objectif, le nageur d'Annecy a adapté sa préparation. Il a notamment allégé sa charge d'entraînement en début de saison pour arriver frais et dispos sur cette compétition. « J'ai fait le choix de moins nager en volume pour travailler davantage la vitesse et la technique », explique-t-il. Cette stratégie semble porter ses fruits, puisqu'il a déjà réalisé les minima olympiques sur cette distance.
Le record du monde du 200 m dos est actuellement détenu par le Russe Evgeny Rylov en 1 min 53 s 27, établi en 2021. Pour s'en approcher, Ndoye-Brouard devra nager sous les 1 min 54 s, une performance qu'il n'a jamais réalisée en compétition officielle. Son record personnel est de 1 min 55 s 31, soit près de deux secondes de moins que le temps à battre.
Une semaine chargée à Paris
Cette semaine parisienne ne se limite pas au 200 m dos. Le nageur sera également aligné sur le 100 m dos et le 50 m dos, des distances où il peut également prétendre à des podiums. « Je vais prendre les courses les unes après les autres, mais le 200 m reste ma priorité », précise-t-il. Il espère également décrocher une qualification pour les championnats d'Europe de Rome, prévus en août.
La compétition se déroule à la piscine Georges-Vallerey, dans le 20e arrondissement de Paris, un bassin qu'il connaît bien pour y avoir déjà nagé. Le public parisien, souvent chaleureux, pourrait lui donner un supplément d'âme. « Nager à Paris, c'est toujours spécial. Il y a une ambiance incroyable », confie-t-il.
Un palmarès déjà bien fourni
Yohann Ndoye-Brouard n'en est pas à son premier exploit. Médaillé de bronze sur le 200 m dos aux championnats du monde de Budapest en 2022, il a également remporté plusieurs titres nationaux. Il fait partie de cette génération dorée de la natation française, aux côtés de Léon Marchand ou de Maxime Grousset.
Sa progression est constante depuis ses débuts. En 2021, il avait déjà participé aux Jeux olympiques de Tokyo, où il avait atteint la finale du 200 m dos (8e). Depuis, il n'a cessé de gravir les échelons, s'affirmant comme l'un des meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline.
Un mental d'acier
Au-delà de ses qualités physiques, c'est son mental qui impressionne. « Je suis quelqu'un de très déterminé. Quand je me fixe un objectif, je fais tout pour l'atteindre », affirme-t-il. Cette force de caractère lui a permis de surmonter les blessures et les déceptions, comme son élimination en séries sur le 100 m dos aux Mondiaux de Fukuoka en 2023.
Pour cette semaine, il se dit « serein et confiant ». Il a travaillé avec son entraîneur, Denis Auguin, sur des points précis comme les virages et la coulée, des secteurs où il peut gagner de précieuses centièmes. « Chaque détail compte à ce niveau », souligne-t-il.
Les épreuves de natation se déroulent jusqu'à dimanche. Le 200 m dos est prévu en séries et demi-finales jeudi, avec la finale vendredi. Les spectateurs pourront suivre les exploits de Ndoye-Brouard en direct ou à la télévision. Le nageur espère offrir un moment fort au public français, et pourquoi pas écrire une page de l'histoire de la natation.
En attendant, il savoure l'instant. « Je suis heureux d'être ici, de pouvoir concourir dans mon pays. C'est une chance. » Une chance qu'il compte bien transformer en performance historique.



