La Norvégienne Sigrid Haugset a créé la sensation ce lundi à Poligny (Jura) en remportant la troisième étape du Tour de France femmes, au terme d'une échappée solitaire de 88 kilomètres. Cette victoire lui permet de s'emparer du maillot jaune de leader, détrônant la Néerlandaise Lorena Wiebes, victorieuse des deux premières étapes.
Une échappée au long cours
Partie à plus de 70 kilomètres de l'arrivée, dans la côte de la Savine, la coureuse de 27 ans de l'équipe Uno-X Mobility a résisté au retour de la Belge Lotte Kopecky, double championne du monde, qui a lancé une contre-attaque à 76 kilomètres de Poligny. Kopecky est revenue à dix secondes à 12 kilomètres de la ligne, mais l'effort final sous 36 degrés et vent de face a tourné à l'avantage de la championne de Norvège, qui s'impose avec près d'une minute et demie d'avance.
« Je pensais que Lotte allait me reprendre. Je me disais : “Une deuxième place, c'est déjà bien”. Mais j'ai insisté avec les encouragements venant de la voiture. J'ai bien fait », a-t-elle confié, épuisée à l'arrivée. Cette performance marque seulement sa deuxième victoire chez les professionnelles, elle qui est venue tardivement au cyclisme après une carrière dans le football et la course à pied, interrompue par des fractures de fatigue.
Un final éprouvant
Sigrid Haugset, qui avait terminé 14e du Tour d'Italie au printemps dernier pour sa première saison en World Tour, a fini complètement exténuée. « J'aurais voulu célébrer ma victoire en passant la ligne mais je n'avais tout simplement plus de force pour lever les bras », a-t-elle déclaré, vêtue du maillot jaune. Rappelons qu'en 2025, elle avait terminé Paris-Roubaix en 71e position avec une fracture du bassin, preuve de sa ténacité.
Lorena Wiebes, de son côté, a rapidement compris qu'elle ne pourrait pas conserver son bien. Lâchée dès les premières pentes du col de La Faucille (11 km à plus de 6 %), elle a terminé à plus de 18 minutes de la gagnante. Les autres favorites pour la victoire finale, attendue le 9 août à Nice, ont toutes franchi la ligne dans le même temps, à près de trois minutes de Haugset.
Ferrand-Prévot en difficulté
La tenante du titre, Pauline Ferrand-Prévot, a montré des signes de fébrilité inhabituels. Attaquée à trois reprises, notamment par la Mauricienne Kim Le Court, elle a perdu quelques mètres au sommet de la côte de Chaux-Champagny, à 25 kilomètres de l'arrivée. La Néerlandaise Demi Vollering, sa grande rivale, a tenté un coup de force en voyant « PFP » en difficulté, mais sans succès. La pépite espagnole Paula Blasi a également semblé en difficulté dans le final.
Ce signal d'alarme survient à la veille d'un moment clé : un contre-la-montre de 21 kilomètres entre Gevrey-Chambertin et Dijon, en Bourgogne. Ferrand-Prévot, qui n'a plus disputé de chrono sur un grand Tour depuis le prologue du Giro en 2015, devra faire face aux spécialistes de l'exercice sans repères solides. La course s'annonce passionnante pour la suite de cette Grande Boucle.



