Elisabeth Gomis, sprinteuse française médaillée d'argent aux Jeux de Paris 2024, a livré un témoignage poignant sur son enfance dans une interview à Libération. Elle y dévoile les sacrifices de sa mère, qui partait travailler à l'aube et la trouvait souvent dans le jardin, déjà en train de s'entraîner.
Une enfance marquée par la précarité et le sport
Née à Dakar en 1997, Elisabeth Gomis a grandi dans une famille modeste. Sa mère, aide-soignante, se levait à 4 heures du matin pour rejoindre son travail à l'hôpital. « Ma mère nous trouvait dans le jardin à 4 heures du matin en allant travailler », raconte l'athlète. « On était déjà en train de jouer au foot, de courir. C'était notre façon de nous échapper de la précarité. »
Très tôt, Elisabeth et ses frères ont trouvé dans le sport un exutoire. « Le sport nous a sauvés », affirme-t-elle. « Ça nous a permis de rester loin des bêtises, de canaliser notre énergie. »
Une mère déterminée et protectrice
Sa mère, qui a toujours encouragé ses enfants, n'avait pas les moyens de payer des licences dans des clubs. « Elle faisait tout pour qu'on puisse pratiquer notre passion. Elle nous amenait au stade, elle nous achetait des chaussures d'occasion. Elle se privait pour nous. »
Cette détermination maternelle a forgé le caractère d'Elisabeth. « Je lui dois tout. C'est elle qui m'a donné cette force, cette envie de me dépasser. »
Un parcours exceptionnel
Après des débuts en athlétisme, Elisabeth Gomis s'est révélée sur le sprint, remportant notamment le titre de championne de France du 100 mètres en 2023. Sa médaille d'argent aux JO de Paris dans le relais 4x100 mètres a été un moment fort de sa carrière.
« Quand j'ai couru avec mes coéquipières, je pensais à ma mère. Je me disais : “On a réussi.” »
Un message d'espoir pour les jeunes
Elisabeth Gomis veut désormais inspirer les jeunes issus de milieux défavorisés. « Je veux leur dire que tout est possible, même quand on part de rien. Il faut croire en ses rêves. »
Elle prépare activement les prochaines échéances, avec l'objectif de décrocher l'or aux Jeux de Los Angeles en 2028. « Je ne lâcherai rien. Pour ma mère, pour ma famille, et pour tous ceux qui m'ont soutenue. »



