Dès qu'il s'agit de faire honneur au maillot, de défendre les couleurs de la ville, le Nice Côte d'Azur Athlétisme (NCAA) sait pouvoir compter sur ses « stars », les Alessia Zarbo, Sacha Alessandrini, Morgane Ausello et autres Lenny Brisseault, tous ou presque ayant vu leur talent grandir à l'ombre de Charles-Ehrmann, après avoir été biberonnés à ces valeurs cultivées de longue date. Personne n'en doutait vraiment, mais il sait aussi, depuis les derniers championnats de France interclubs (élite 2, le 17 mai à Grenoble), qu'il peut désormais tout autant s'appuyer sur une nouvelle génération d'athlètes, issue elle aussi de la filière de (post) formation, et promise, si les planètes daignent s'aligner, à tutoyer un jour les sommets de l'athlétisme tricolore. Deux d'entre eux, notamment, ont particulièrement brillé en Isère : Yannis Le Ruyet et Lily-Rose Caranta.
Yannis Le Ruyet : un travailleur acharné
Le premier a même signé, sur 800 m, la meilleure performance française U18 (1'51''45) de la saison, ce qui le situe en 4e place au ranking continental, rien de moins ! Le garçon d'à peine 17 ans, (brillant) élève à Don Bosco où la section à horaires aménagés l'a intégré à ses effectifs, serait toutefois bien plus une confirmation qu'une révélation, aux yeux de Clément Rubechi, son entraîneur depuis qu'il a quitté l'ASPTT il y a 2 ans. « C'est un garçon agréable, à l'écoute, mais surtout déjà très mature. Qui sait exactement ce qu'il veut, avec en tête un projet sportif bien clair. Il s'en donne les moyens, en tout cas, et participe aujourd'hui à créer de l'émulation au sein du groupe. Mais attention, ce n'est ni un fanfaron, ni un surdoué, Yannis, c'est d'abord un gros travailleur… »
L'objectif, désormais, pour celui qui s'entraîne a minima 6 fois par semaine, est donc d'aller décrocher un sésame pour les championnats d'Europe U18, programmés cet été en Italie. « Il a déjà réussi les minima à Grenoble, mais doit encore finir dans les 2 premiers au meeting de sélection, qui aura lieu début juillet à Montgeron. Maintenant, on n'a pas encore tranché s'il allait s'aligner sur 800 m ou sur 1500 m… »
Lily-Rose Caranta : un diamant brut
Pour Lily-Rose, elle aussi transfuge de l'ASPTT Nice, l'horizon qui se dessine n'est pas moins radieux. À 15 ans, pensionnaire comme son camarade d'entraînement du lycée Don Bosco (où elle poursuit un double cursus franco-américain), elle apparaît même comme « un petit diamant brut, de ceux qu'on ne croise que rarement dans une carrière de technicien » se réjouit Emmanuel Mistral, qui ne la coache à temps plein que depuis cette saison. « Elle a de l'ambition et a pris conscience qu'elle était dotée de qualités hors du commun. Elle a aussi la tête bien posée sur les épaules. Mais elle a encore beaucoup à apprendre, autant sur le plan technique que sur le plan physique. On lui a d'ailleurs proposé de prendre deux ans pour compléter sa formation, sans trop se fixer d'objectifs en termes de performances. Et ainsi pouvoir mieux se projeter quand elle passera juniors… »
Déjà sacrée championne de France minimes l'an dernier sur triathlon, puis cet hiver, vice-championne de France cadettes du saut en longueur, malgré un souci au genou, son retour à la compétition, à l'occasion des interclubs de Grenoble, lui a donc permis de renouer avec de belles sensations (5,93 m à la longueur - avec +2,1 m de vent, mais à seulement 12 cm des minima pour les Europe - et 12''28 au 100 m). « C'est une jeune fille qui sort de l'ordinaire. Elle a les aptitudes naturelles, l'explosivité, et l'envie pour devenir une vraie championne, espérer un jour participer à des compétitions seniors de niveau international. Mais il y a encore du chemin, des lacunes à combler. Je reste néanmoins persuadé que si elle ne brûle pas les étapes, qu'elle prend le temps de travailler, un joli destin l'attend… »
Y figurent également des espoirs à peine plus âgés que Yannis, comme Diego Pereira, champion de France cadets sur 800 m, et Eliott Rubechi, champion de France du steeple.



