L'équipe de France d'athlétisme a conclu les Championnats d'Europe de Birmingham avec 11 médailles, mais aucune en or, se classant 19e au tableau des nations. Ce bilan, l'un des plus faibles de son histoire, suscite l'inquiétude à deux ans des JO 2028 et avant les Mondiaux 2027 à Pékin.
Un bilan historiquement faible
Les Bleus repartent d'Angleterre avec 11 médailles, dont aucune dorée, un résultat comparable à celui de l'Euro 2022 à Munich (9 médailles, 0 or). Il faut remonter à 1982 pour trouver une campagne européenne aussi maigre. En 2024, à Rome, l'équipe avait pourtant brillé avec 16 médailles et quatre titres, mais cet élan avait été douché aux JO de Paris, où une seule médaille d'argent avait été obtenue.
Le directeur technique national (DTN) de la Fédération française d'athlétisme, Frank Bignet, a nuancé ce constat : « Ce n'est ni un grand soleil radieux, ni une éclipse totale. » Il a reconnu que « au tableau des médailles, sans or, on rétrograde sévèrement », mais estime que l'équipe était « à sa place » en Angleterre. « Tout l'enjeu va être de trouver les solutions qui doivent permettre aux athlètes de jouer les médailles ou le titre », a-t-il ajouté.
Des satisfactions et des déceptions
Certaines têtes d'affiche ont répondu présent : Alice Finot (argent du 3 000 m steeple), Just Kwaou-Mathey (argent du 110 m haies), Hilary Kpatcha (bronze à la longueur) et Marie-Julie Bonnin (perche) ont décroché des podiums attendus. En revanche, Gabriel Tual (800 m) et Alexis Miellet (3 000 m steeple), champions d'Europe à Rome, ont été éliminés dès les demi-finales, tandis que Yann Chaussinand, deuxième meilleur performeur mondial de l'année au marteau, n'a pris que la 9e place de sa finale.
Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 m, repart avec le bronze sur cette distance, mais il visait un doublé doré. Il a souligné un manque de leaders : « On a une équipe de France performante mais qui n'a pas d'athlète dominant, chaque concours, chaque course est une conquête. On n'a pas une Nadia Battocletti, ni d'Armand Duplantis. La question, c'est comment on fait pour avoir ce genre d'athlètes ? »
Des motifs d'espoir pour l'avenir
Malgré ce bilan, quelques signes positifs émergent. La France se classe 4e à la « placing table », qui prend en compte le top 8 européen, avec 41 places de finalistes sur 80 athlètes présents, dont sept 4e places. Ce total est supérieur à celui des Pays-Bas, de l'Espagne ou de la Norvège. Au nombre total de médailles, la France est 5e.
Des athlètes moins attendus ont également brillé, comme Etienne Daguinos (bronze sur 5 000 m) ou Baptiste Thiery (perche). La jeune génération a aussi marqué des points : Adèle Gay (1 500 m), Clara Entresangle (3 000 m steeple) et Bérénice Petit (perche) ont obtenu des places de finalistes. Frank Bignet a souligné l'importance de les accompagner : « Il va falloir les accompagner au mieux sur les deux prochaines années. » Il a évoqué la génération 2032 et les bons résultats des Bleuets aux Mondiaux U20 (6 médailles dont 2 en or), concluant : « Le temps est précieux, il y a de l'urgence. »



