Incendie en Belgique : 3 000 hectares brûlés, évacuations et renforts européens
Incendie en Belgique : 3 000 hectares brûlés, évacuations et renforts

Un incendie d'une ampleur exceptionnelle ravage les Hautes Fagnes, dans l'est de la Belgique, depuis vendredi 14 août. En quatre jours, environ 3 000 hectares de végétation ont été parcourus par les flammes, ce qui en fait le pire sinistre connu par le royaume depuis celui de 1911 dans cette même région. Ce lundi 17 août, la situation connaît une première amélioration grâce à l'arrivée de la pluie, mais le feu n'est toujours pas fixé et des évacuations préventives restent en vigueur.

Une amélioration météorologique fragile

La pluie, très attendue par les secours, est enfin arrivée sur la zone ce lundi matin. « Le vent est favorable et la pluie actuelle aide à contenir la progression » des flammes, a indiqué à l'AFP Tony Hosmans, porte-parole chargé de la gestion de crise. Des précipitations sont attendues toute la semaine, selon les prévisions météorologiques.

Le répit reste toutefois fragile. « On ne peut pas affirmer que le feu est fixé ce matin mais il est contenu là où il est possible d'intervenir. On n'a pas encore de vision dans la partie non accessible. On attend le retour aérien », a expliqué le gouverneur de la province de Liège, Hervé Jamar, interrogé par la RTBF. Le relief accidenté et boisé des Hautes Fagnes empêche les camions d'accéder au cœur du foyer, laissant un front de 300 à 400 mètres inaccessible aux moyens terrestres à l'est du massif.

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Près de 500 pompiers mobilisés et des renforts européens

Pour appuyer les près de 500 intervenants et plus de 120 véhicules engagés, une vaste armada aérienne européenne de neuf appareils doit être déployée ce lundi. Le dispositif comprend deux avions suédois « Air Tractor », deux hélicoptères de la police fédérale belge, un hélicoptère lourd Chinook néerlandais capable d'emporter 6 000 litres d'eau, ainsi que quatre nouveaux hélicoptères mis à disposition par l'Allemagne (des NH-90 équipés de réservoirs de 2 000 litres) et la Norvège.

Après une pause matinale pour coordonner la sécurité des équipages et les rotations de captage d'eau, les largages doivent reprendre à la mi-journée selon les conditions météorologiques. « Les moyens aériens n'éteignent pas le feu », a rappelé le capitaine Olivier Giust sur la RTBF, insistant sur le fait que l'action au sol reste déterminante pour achever l'extinction.

À cette mobilisation européenne s'ajoute celle des habitants. Des agriculteurs de la région font la navette avec leurs tracteurs et leurs citernes pour acheminer de l'eau depuis les plans d'eau voisins. Certains ont déplacé leur bétail et ouvert leurs barrières pour faciliter le passage des véhicules de secours. Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, a salué cette mobilisation : « Sans eux, l'intervention de nos services de secours n'aurait pas la même efficacité et un temps très précieux serait perdu. »

Évacuations jusqu'en Allemagne et fumées étendues

Aucun décès n'est à déplorer, mais plusieurs blessés légers ont été recensés. Deux intervenants ont été touchés, l'un souffrant d'une entorse à la cheville et l'autre d'une blessure au dos. Aucune habitation n'a été détruite, mais les évacuations préventives restent en vigueur. Côté belge, les résidents des quartiers évacués à Sourbrodt (commune de Waimes), Leykaul et Küchelscheid (commune de Bütgenbach) ne peuvent toujours pas réintégrer leurs domiciles.

Côté allemand, où les flammes se sont approchées à près de 300 mètres de la frontière avant de stopper leur avancée lundi matin, 17 habitations (une trentaine d'habitants) ont été évacuées préventivement dimanche soir à Monschau, où les pompiers ont arrosé les prairies pour créer une barrière protectrice.

Le gigantesque panache de fumée a largement dépassé les frontières belges. L'odeur de brûlé a été ressentie jusqu'à Namur, à plus de 100 kilomètres du foyer, mais aussi dans le nord-est de la France. En Moselle, une procédure d'alerte à la pollution atmosphérique a été déclenchée. Face à ces fumées, le ministre wallon de la Santé, Yves Coppieters, a activé le stock stratégique de masques FFP2 : près de 100 000 doivent être mis à disposition.

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L'origine de l'incendie toujours inconnue

Reste une inconnue majeure : l'origine du sinistre. Les autorités ne savent pas si le départ du feu est accidentel ou volontaire. Le parquet de Liège a ouvert dimanche 16 août une enquête afin d'en déterminer les causes. Les investigations sur place ne pourront toutefois véritablement commencer qu'une fois le secteur devenu accessible aux enquêteurs.

Le contexte météorologique était particulièrement propice aux incendies. Comme une grande partie de l'Europe, la Belgique a subi cet été plusieurs épisodes de fortes chaleurs et de sécheresse, avec des températures atteignant jusqu'à 37 degrés dans certaines régions du pays à la fin de la semaine dernière. Ce lundi 17 août, le roi Philippe doit se rendre au centre de crise provincial de Vottem puis aux abords des Hautes Fagnes pour rencontrer les équipes mobilisées contre le brasier.