Visite guidée de la criée du Grau d'Agde : un ballet quotidien
Visite guidée de la criée du Grau d'Agde

Durant l'été, chaque après-midi de semaine, la criée du Grau d'Agde accueille le public pour des visites guidées. Depuis le belvédère, un lieu unique en France, les visiteurs assistent au fonctionnement d'une criée encore en activité.

Des visiteurs de tous âges

Les visiteurs sont de tous les âges. Des enfants aux yeux grands ouverts côtoient des retraités avides de découvertes. Tous se laissent guider par Oliver, responsable du belvédère. La visite débute dans une salle aux murs recouverts de poissons grandeur nature. Avant même d'évoquer les filets ou les bateaux, Olivier raconte. "La criée", explique-t-il, désigne avant tout le lieu où officie le crieur. Ici, la pêche est souvent une affaire de famille. Les bateaux se transmettent de génération en génération. Dans le port, huit chalutiers ont animé la criée l'an dernier. En Méditerranée, les règles sont strictes : impossible de partir plusieurs jours en mer comme sur la façade atlantique. Chaque sortie se fait à la journée, avec une limite de 200 jours de pêche par an.

Le débarquement des poissons

Rapidement, le groupe rejoint les quais. Face aux chalutiers, Oliver raconte le quotidien des pêcheurs. À bord, trois ou quatre marins remontent le chalut, trient les espèces, rincent le poisson et remplissent les caisses en polyester. "Sans crieur, il n'y a pas de vente" Comme pour illustrer ses propos, un chalutier fait son entrée dans le port. Escorté par une nuée de goélands, il accoste sous les regards des visiteurs. Tout le monde se rapproche du point de débarquement. Les marins travaillent sans un geste superflu. Les caisses s'empilent, dévoilant un concentré de Méditerranée : rougets, merlus, poulpes, crabes, crevettes… Près de 900 caisses sont rapportées chaque jour à la criée.

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Les enchères en action

La visite se poursuit derrière les vitres de la salle des ventes. C'est ici que tout s'accélère. Les poissons quittent la chambre froide pour défiler devant les acheteurs. Au centre du dispositif, le crieur orchestre les opérations avec une précision presque chorégraphique. "Sans crieur, il n'y a pas de vente", rappelle Oliver. Espèce, poids, calibre, provenance… Chaque lot est identifié en quelques secondes. Jusqu'à 700 caisses peuvent être traitées en une heure. Dans la salle, poissonniers, restaurateurs spécialisés et courtiers suivent attentivement les enchères. D'autres participent à distance, derrière leurs écrans. Près de 60 % des poissons quittent ensuite la France pour rejoindre principalement l'Espagne et l'Italie.

Un système efficace et peu de pertes

Lorsque la vente s'achève, les palettes quittent rapidement le bâtiment. À peine 0,02 % des poissons restent invendus. Ici, rien ou presque ne se perd.

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