Des chercheurs en ophtalmologie alertent sur le fossé entre la recherche académique et la mise sur le marché de traitements pour restaurer la vision. Malgré des subventions européennes importantes, le passage du laboratoire au patient reste un défi majeur.
Un financement insuffisant pour le développement clinique
Selon une étude publiée dans la revue Nature Biotechnology, seuls 10 % des projets de recherche en thérapie génique oculaire atteignent le stade des essais cliniques. « La recherche académique est cruciale, mais les subventions européennes couvrent rarement les coûts élevés des essais cliniques et de la production à grande échelle », explique le Dr. Marie Dupont, chercheuse à l'Institut de la Vision à Paris.
Le coût moyen pour amener un traitement de la vision de la phase préclinique à l'approbation réglementaire est estimé à 500 millions d'euros, un montant que les subventions académiques ne peuvent pas couvrir.
L'industrie privée, un acteur clé
Les chercheurs soulignent que l'implication de l'industrie privée est indispensable pour franchir les étapes de développement clinique et de commercialisation. « Sans partenariats avec des entreprises pharmaceutiques, les découvertes prometteuses restent dans les laboratoires », ajoute le Pr. Jean Martin, co-auteur de l'étude.
L'Union européenne a alloué 1,2 milliard d'euros à la recherche ophtalmologique via son programme Horizon Europe entre 2021 et 2027, mais ces fonds sont principalement destinés à la recherche fondamentale.
Un appel à de nouveaux modèles de financement
Les auteurs de l'étude appellent à la création de mécanismes de financement hybrides, combinant subventions publiques et investissements privés, pour accélérer le transfert de technologies. « Il faut des incitations pour que les entreprises investissent dans des traitements pour des maladies rares de la vision », conclut le Dr. Dupont.



