Les épisodes de canicule intense et la saturation des centres de soins ont provoqué une année 2023 particulièrement meurtrière pour le martinet noir, une espèce protégée en déclin. Selon le Centre de sauvegarde de la faune sauvage de l'Île-de-France, près de 1 200 martinets noirs ont été recueillis entre mai et août, soit une augmentation de 40 % par rapport à l'année précédente.
Des conditions climatiques extrêmes
Les vagues de chaleur successives, avec des températures dépassant les 40 °C dans plusieurs régions, ont fragilisé les oiseaux. « Les martinets noirs souffrent particulièrement de la déshydratation et du manque de nourriture, car les insectes volants, leur unique source d'alimentation, se raréfient lors des fortes chaleurs », explique Marie Dupont, vétérinaire au centre de soins.
Les oisillons tombent des nids ou sont abandonnés par leurs parents, incapables de les nourrir. Les centres de soins, déjà débordés, peinent à faire face à l'afflux. « Nous avons dû refuser des animaux faute de place, ce qui est dramatique », ajoute-t-elle.
Un déclin préoccupant
Le martinet noir est une espèce protégée en France, mais ses effectifs ont chuté de 30 % en dix ans, selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Les causes sont multiples : destruction des nids lors des rénovations de bâtiments, raréfaction des insectes due aux pesticides, et désormais les canicules.
Les ornithologues tirent la sonnette d'alarme. « Si rien n'est fait, le martinet noir pourrait disparaître de nos villes dans les prochaines décennies », prévient Jean Martin, coordinateur du programme Martinet de la LPO.
Des solutions à mettre en œuvre
Pour sauver l'espèce, des actions concrètes sont nécessaires. La pose de nichoirs adaptés sur les bâtiments, la limitation des pesticides et la création de zones de végétation favorisant les insectes sont autant de mesures préconisées par les associations. « Chacun peut agir en installant des nichoirs ou en participant aux recensements », encourage Jean Martin.
En attendant, les centres de soins lancent un appel aux dons et aux bénévoles pour faire face à l'urgence. « Nous avons besoin de fonds pour acheter du matériel et de bras pour soigner les oiseaux », conclut Marie Dupont.



