Une plaque rendant hommage aux Justes parmi les Nations a été dégradée à Paris, quelques jours avant les commémorations de la Rafle du Vel d'Hiv. L'acte a été découvert ce lundi 18 juillet, selon une information du Parisien confirmée par la mairie de Paris.
Un acte de vandalisme condamné
La plaque, située dans le 4e arrondissement de Paris, sur le mur de l'école élémentaire publique des Hospitalières-Saint-Gervais, rend hommage aux Justes parmi les Nations, ces personnes non juives qui ont sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a été retrouvée brisée et taguée de croix gammées. Selon les premières constatations, les dégradations ont été commises dans la nuit de dimanche à lundi.
La maire de Paris, Anne Hidalgo, a condamné cet acte sur Twitter : "Je condamne avec la plus grande fermeté la dégradation de la plaque des Justes parmi les Nations, dans le 4e arrondissement. Cet acte ignoble intervient alors que nous allons commémorer la Rafle du Vel d'Hiv. Pensées pour les victimes et leurs familles."
Un contexte de montée des actes antisémites
Cette dégradation intervient dans un contexte de recrudescence des actes antisémites en France. Selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), les actes antisémites ont augmenté de 74% au premier semestre 2022 par rapport à la même période en 2021, avec 436 incidents recensés contre 251 l'année précédente. Cette hausse est notamment attribuée à la recrudescence des tensions au Proche-Orient.
Le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), Mario Stasi, a déclaré : "La dégradation de cette plaque est un acte odieux qui vise à insulter la mémoire des Justes et à réveiller les pires démons de l'histoire. Nous appelons les autorités à tout mettre en œuvre pour retrouver les auteurs et les punir sévèrement."
Les commémorations de la Rafle du Vel d'Hiv
Les commémorations de la Rafle du Vel d'Hiv, qui se tiendront ce dimanche 24 juillet, marquent le 80e anniversaire de cette rafle massive de Juifs parisiens, organisée par la police française les 16 et 17 juillet 1942. Plus de 13 000 personnes, dont 4 000 enfants, avaient été arrêtées puis déportées vers Auschwitz. Seules quelques centaines en sont revenues.
La plaque des Justes, inaugurée en 2015, rend hommage aux habitants du quartier qui ont caché et protégé des enfants juifs pendant l'Occupation. Selon le Mémorial de la Shoah, plus de 4 200 Français ont été reconnus Justes parmi les Nations, un titre décerné par l'État d'Israël.
Réactions politiques
Plusieurs personnalités politiques ont également condamné cet acte. Le Premier ministre, Élisabeth Borne, a tweeté : "La dégradation de la plaque des Justes à Paris est une insulte à la mémoire de celles et ceux qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah. Toute ma solidarité avec la communauté juive et ma détermination à lutter contre l'antisémitisme."
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé que la police judiciaire était saisie de l'enquête. "Nous ne laisserons rien passer. Les auteurs de cet acte antisémite seront retrouvés et punis", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Un appel à la vigilance
La mairie de Paris a annoncé que la plaque serait réparée dans les plus brefs délais. Un rassemblement citoyen est prévu ce mardi 19 juillet à 18h30 devant l'école pour exprimer la solidarité et la détermination à ne pas laisser l'antisémitisme prospérer.
Cette dégradation rappelle que le devoir de mémoire reste fragile et que la lutte contre l'antisémitisme doit être constante. Comme le souligne le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi : "S'attaquer à la mémoire des Justes, c'est s'attaquer à ce qu'il y a de plus noble dans l'histoire de France. Nous devons redoubler de vigilance et d'éducation pour que ces actes ne se reproduisent plus."



