Reconstitution immersive d'un procès pour harcèlement scolaire à Saint-Maximin
Procès fictif pour harcèlement scolaire à Saint-Maximin

La Croisée des arts de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume s'est transformée en véritable tribunal pour enfants le temps d'une reconstitution immersive. Magistrats, avocats et collégiens ont participé à cette mise en scène autour d'une affaire fictive de harcèlement scolaire, organisée par l'agglomération Provence verte.

Un décor réaliste pour une audience authentique

Pendant près de trois heures, la salle de spectacle a été aménagée en tribunal pour enfants. Robes noires, micros, barre des témoins et forces de l'ordre : tout était pensé pour plonger les élèves dans une audience plus vraie que nature. Les professionnels présents exercent réellement dans la justice des mineurs : Julie Proust, juge des enfants au tribunal judiciaire de Draguignan, présidait l'audience aux côtés de Zoé Gimenez, greffière. Le parquet était représenté par Chloé Pellerin, substitut du procureur délégué aux mineurs, tandis que Mes Corinne Caillouet-Ganet et Séverine Pene, avocates au barreau de Toulon, tenaient les rôles de la partie civile et de la défense.

Des jeunes acteurs préparés par des éducateurs

Les rôles de la prévenue et de la victime étaient interprétés par Cassandre et Adrien, deux élèves du collège Leï Garrus. Ils ont été accompagnés par les éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour incarner leurs personnages avec crédibilité. Fanny Juiziano, éducatrice PJJ de Draguignan, explique : « On leur a dit de ne pas apprendre un texte par cœur, mais de comprendre une personnalité. L'idée était aussi de montrer qu'au fil de l'audience, l'auteur peut évoluer dans sa réflexion. »

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Une sensibilisation aux conséquences du harcèlement

Au cours des débats, le scénario a mis en lumière les conséquences psychologiques du harcèlement sur la victime : isolement, peur d'aller au collège, dépression et suivi psychologique. Lorsqu'Adrien, dans le rôle de Camille, a évoqué timidement les insultes et les violences subies, le silence s'est fait pesant dans la salle. Chloé Pellerin, substitut du procureur, a souligné la difficulté de faire prendre conscience aux auteurs : « Certains jeunes pensent que ce n'est pas grave ou que tout le monde le fait. »

Un dispositif éducatif éprouvé

Créé il y a plus de dix ans sur le territoire, ce procès pénal interactif sensibilise chaque année les élèves de quatrième aux enjeux de la justice des mineurs et du harcèlement scolaire. Avec l'essor des réseaux sociaux, les violences se poursuivent souvent au-delà des établissements, rendant cette initiative d'autant plus pertinente.

Verdict et échanges avec les élèves

Après plusieurs heures d'audience, le tribunal a prononcé une peine de douze mois d'emprisonnement avec sursis probatoire, obligation de soins, suivi éducatif, interdiction de contact avec la victime et placement hors du domicile familial. Une fois le procès terminé, les élèves ont pu échanger avec les magistrats, avocats et éducateurs sur le fonctionnement de la justice des mineurs, les sanctions et les conséquences du harcèlement. Sous les applaudissements, les jeunes acteurs et les professionnels ont quitté la scène, offrant aux collégiens une immersion saisissante dans la réalité d'un tribunal pour enfants.

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