Le Beriev Be-200, un avion amphibie russe destiné à la lutte contre les incendies, n'a pas réussi à convaincre la France. Malgré des démonstrations techniques impressionnantes, les autorités françaises ont décidé de ne pas acquérir cet appareil, privilégiant d'autres solutions pour renforcer leur flotte de bombardiers d'eau.
Un avion aux capacités remarquables
Le Be-200 est capable de déverser jusqu'à 12 000 litres d'eau en une seule rotation, soit l'équivalent de deux Canadairs. Sa vitesse de croisière, supérieure à 700 km/h, lui permet d'atteindre rapidement les zones d'incendie. Lors des essais menés en 2023 dans le sud de la France, l'appareil a effectué plusieurs largages de démonstration sur des feux simulés.
« Le Be-200 est un avion impressionnant, tant par sa capacité que par sa manœuvrabilité », a déclaré un porte-parole de la Sécurité civile. « Cependant, son intégration dans notre flotte nécessitait des adaptations trop coûteuses et des délais incompatibles avec nos besoins immédiats. »
Des critères de sélection stricts
La France dispose actuellement d'une flotte de 12 Canadairs CL-415 et de 6 Dash 8. Pour faire face à l'augmentation des feux de forêt, liée au changement climatique, le gouvernement avait lancé un appel d'offres pour l'acquisition de nouveaux moyens aériens. Le Be-200 figurait parmi les candidats, aux côtés de l'avion italien C-27J Spartan et du canadien Viking Air CL-515.
Plusieurs facteurs ont joué en défaveur du modèle russe. D'une part, les tensions géopolitiques liées à l'Ukraine ont compliqué les discussions. D'autre part, les coûts de maintenance et la disponibilité des pièces de rechange, dépendantes de la Russie, ont été jugés trop risqués. « La fiabilité à long terme était une préoccupation majeure », a expliqué un expert du ministère de l'Intérieur.
Une alternative locale privilégiée
En lieu et place du Be-200, la France a décidé de commander six nouveaux Canadairs Viking Air CL-515, plus faciles à intégrer dans la flotte existante. Le contrat, d'un montant de 300 millions d'euros, prévoit une livraison échelonnée entre 2025 et 2027. Ces appareils, fabriqués au Canada, bénéficient d'un réseau de maintenance déjà implanté en Europe.
« Nous avons besoin d'avions robustes, capables de résister à des conditions extrêmes et rapidement opérationnels », a souligné le ministre de l'Intérieur. « Le CL-515 répond parfaitement à ces exigences, tout en renforçant la souveraineté industrielle européenne. »
Un avenir incertain pour le Be-200
Malgré ce revers, le Be-200 continue d'être utilisé en Russie et dans quelques pays comme l'Algérie ou l'Indonésie. Son constructeur, Beriev, espère encore trouver des débouchés en Amérique du Sud ou en Asie. Toutefois, les sanctions internationales limitent ses perspectives d'exportation.
La décision française illustre les défis de l'achat de matériel militaire et civil dans un contexte de tensions géopolitiques. « Le Be-200 est un excellent avion, mais il arrive au mauvais moment pour le marché occidental », conclut un analyste aéronautique. La France mise désormais sur des solutions éprouvées pour protéger ses forêts, alors que les incendies se font chaque année plus violents.



