La convention citoyenne lancée par Emmanuel Grégoire, maire de Paris, pour lutter contre les violences sexuelles dans le périscolaire a rendu ses conclusions ce mercredi 24 juin 2026. Parmi les 45 propositions, la plus marquante est le retour à la semaine de quatre jours d'école, une mesure qui vise à réduire les temps de garde et les risques d'agressions.
Une proposition choc pour la protection des enfants
La convention, composée de 150 citoyens tirés au sort, a travaillé pendant six mois sur la question des violences sexuelles dans les activités périscolaires parisiennes. Selon le rapport, 78% des cas signalés entre 2020 et 2025 se sont produits dans les temps de garde du soir ou de la pause méridienne. Le retour à la semaine de quatre jours, soit lundi, mardi, jeudi et vendredi, permettrait de supprimer le mercredi matin, souvent pointé comme un créneau à risque en raison d'un encadrement réduit.
« Nous avons constaté que les moments de transition et les temps de garde non structurés sont les plus propices aux violences. La semaine de quatre jours réduirait ces plages horaires de 20% », a déclaré Marie Dupont, rapporteuse de la convention, lors de la présentation.
Un dispositif déjà expérimenté
Paris avait adopté la semaine de quatre jours et demi en 2014, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires. Le retour aux quatre jours, proposé par la convention, nécessiterait une modification du code de l'éducation et l'accord de l'Éducation nationale. Emmanuel Grégoire s'est dit favorable à cette proposition, évoquant « une piste sérieuse pour renforcer la sécurité des enfants ».
La convention propose également la création d'un numéro vert dédié aux signalements, la généralisation des caméras dans les locaux périscolaires, et un renforcement des contrôles d'antécédents judiciaires pour les animateurs. Selon les chiffres de la mairie, 12 animateurs ont été mis en cause pour violences sexuelles entre 2021 et 2025, dont 4 ont été condamnés.
Des oppositions prévisibles
Les syndicats d'enseignants et certaines associations de parents d'élèves ont déjà exprimé leur opposition au retour à la semaine de quatre jours, y voyant une régression pédagogique. « La semaine de quatre jours allonge la journée des enfants et réduit le temps d'apprentissage », a réagi Jean Martin, secrétaire général du SNUipp-FSU. La mairie de Paris prévoit d'organiser une consultation des familles avant toute décision.



