Nice : habitants excédés par les nuisances liées aux sans-abri
Nice : nuisances liées aux sans-abri, habitants excédés

À Nice, les habitants du secteur Gallieni, près du palais des expositions, expriment leur exaspération face à des nuisances persistantes causées par des personnes sans domicile fixe. Le maire, Eric Ciotti, a réagi sur les réseaux sociaux en annonçant un renforcement de la présence policière, mais les riverains restent sceptiques quant à une solution durable.

Des vidéos virales pour alerter

Tout a commencé avec deux vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par une mère de famille, S. B. Elle y filme un homme sale et débraillé allongé avenue du Maréchal-Lyautey, à l'arrière du palais des expositions. Elle raconte avoir été importunée à plusieurs reprises et exprime sa peur. Dans son message, elle interpelle directement le maire : « Il faut s'occuper de cette zone, M. Ciotti. […] On attend toujours après vous pour nettoyer le Paillon là où les femmes se font violer, personne n'en parle. »

Le maire a répondu sur X (anciennement Twitter) le 7 juillet 2026, en relayant la vidéo : « Personne ne devrait avoir à subir de telles situations à Nice. J'ai ordonné un renforcement massif et immédiat de la police municipale dans ce quartier afin de rétablir l'ordre et la tranquillité des habitants. Les Niçois ont le droit de vivre en sécurité. Je ne laisserai aucun quartier être abandonné au désordre. » La mairie n'a toutefois pas précisé les moyens concrets mis en œuvre.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des nuisances quotidiennes

Jean-Michel et Alain (prénoms modifiés), deux voisins habitant au début de l'avenue Gallieni, ont pris le relais. Ils affirment que « ce sont les mêmes personnes que celles décrites dans la vidéo qui nous posent problème ». Ils décrivent des sans-abri qui forcent les portes de leur garage pour y dormir, manger et faire leurs besoins. « Tout ça à la fois, oui », ajoutent-ils.

Les deux hommes résident dans un immeuble dont le rez-de-chaussée abrite un magasin Lidl, à la sortie de la voie rapide. « Comme l'entrée de son parking est dans notre sous-sol, la porte est ouverte en journée. En conséquence, les gens peuvent entrer et squatter. » Une solution de barrière sur la chaussée n'est pas envisageable.

Le supermarché dispose d'un agent de sécurité, mais les riverains souhaiteraient un agent dédié au parking pour déloger les indésirables. Alain confie « nettoyer régulièrement les immondices laissées sur place ». Jean-Michel, lui, n'en peut plus « de l'odeur pestilentielle et des morceaux de seringues jetées là ».

Alain a déjà eu un différend avec un couple accompagné de chiens. Il montre une vidéo enregistrée à leur insu, où l'on entend invectives et menaces. « On en a assez, on passe notre temps à appeler la police municipale mais elle a beau les déloger, ils reviennent quelques heures plus tard. Je ne sais même pas ce qu'il faudrait faire… » Jean-Michel ajoute : « Certains sont manifestement ivres, voire drogués. L'autre jour, en pleine journée, un homme se masturbait au beau milieu de la rue ! Ce n'est plus possible. »

Un problème structurel

Les habitants avancent une explication : « Il y a beaucoup de personnes à la rue qui traînent dans le quartier, entre Gallieni et Lyautey, car ils restent à proximité de l'accueil du CCAS [avenue du XVe Corps]. » Ils concluent : « Nous ne voulons absolument pas les stigmatiser… Mais nous ne voulons pas non plus fermer les yeux. Nous ne savons pas quelle est la solution, nous avons bien conscience qu'on ne peut pas simplement déplacer le problème. En attendant, il faut trouver quelque chose avant que ça dérape ! »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale