À Castagniers, dans l'arrière-pays niçois, un conflit de voisinage prend une ampleur inquiétante en pleine canicule. Roger, un retraité de 80 ans habitant le chemin du Conso, tire la sonnette d'alarme face au terrain non entretenu de son voisin. « Avec la sécheresse, la canicule et le vent, si personne ne débroussaille, c'est une poudrière », s'emporte-t-il, rappelant le feu de 2017 qui a ravagé la moitié de la commune et brûlé la colline derrière chez lui. « J'ai dû arrêter les flammes dans mon jardin avec un tuyau d'arrosage. Si ça se reproduit... », ajoute-t-il, laissant sa phrase en suspens.
Des obligations légales non respectées
La réglementation dans les Alpes-Maritimes impose aux propriétaires de débroussailler leur parcelle dans un rayon de 50 mètres autour de leur habitation avant le 30 juin. Roger a respecté cette échéance en dépensant 1700 euros en avril, remboursés à moitié par un crédit d'impôt, avec l'aide de trois professionnels. Mais son voisin, lui, n'a rien fait. « Pourquoi mon voisin n'en fait pas autant ? », s'indigne-t-il.
Interpellé, le propriétaire du terrain en friche réplique vivement : « C'est mon terrain, ça ne vous regarde pas. » Roger ne se laisse pas impressionner : « Vous n'êtes pas en règle. Et ça fait des années. Il y a des pins de dix mètres qui ont poussé, et des ronciers énormes. Vous nous mettez en danger ! » Le voisin, qui travaille toute la semaine, promet de faucher, mais refuse de toucher aux arbres. Roger lui rappelle les amendes possibles : de 200 à 1500 euros, avec une astreinte de 50 euros par mètre carré non débroussaillé.
Un risque aggravé par la configuration des lieux
Au-delà du non-respect des règles, Roger pointe un danger accru : « Si un feu se déclenche ici, toute la colline part en fumée, rien n'arrêtera les flammes jusqu'à Aspremont. Entre nous et le village, il n'y a aucune route. Comment vont faire les pompiers ? D'autant que les câbles haute tension au-dessus de nos maisons empêcheront tout largage aérien ! »
Le voisin finit par céder : « Je vais commencer à débroussailler ce week-end. Mais la prochaine fois, appelez-moi avant de contacter la presse ! »
Rappel des obligations de débroussaillement
Dans les Alpes-Maritimes, le débroussaillement ne se limite pas au fauchage des herbes. Il impose aussi la suppression des ronciers et arbustes sous les arbres pour interrompre la continuité végétale. Les arbres doivent être élagués : suppression des branches basses sur la moitié de leur hauteur pour les arbres de moins de 4 mètres, et jusqu'à 2 mètres pour les plus grands. Les houppiers doivent être maintenus à au moins trois mètres des constructions, par élagage ou abattage si nécessaire.



