36 communes du Gard invitées à mieux gérer les eaux pluviales avec l'Europe
36 communes du Gard invitées à mieux gérer les eaux pluviales

L'adaptation au changement climatique s'accélère dans les gorges du Gardon. Grâce à 9 millions d'euros du programme européen Life Climat, 36 communes préparent des projets concrets pour mieux gérer l'eau et restaurer les sols d'ici 2030.

Un financement européen pour la résilience

Le Syndicat mixte des gorges du Gardon (SMGG) a été l'un des lauréats en 2025 du programme financier Life Climat de la Commission européenne. Il mobilise une enveloppe de 9 millions d'euros (5 695 979 € de l'Union Européenne, 1 174 448 € de l'Agence de l'eau et 1 393 131 € de la Compagnie Nationale du Rhône) pour conduire des actions sur le territoire, de Nîmes à Uzès et tout le secteur des gorges du Gardon, afin d'adapter et augmenter sa résilience face au changement climatique.

Appel à projets pour la gestion intégrée des eaux pluviales

Une réunion s'est tenue à Saint-Bonnet-du-Gard pour présenter aux élus des 36 communes concernées un Appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour des projets concernant la gestion intégrée des eaux pluviales, notamment l'importance des mini bassins-versants. L'AMI s'articule autour de trois axes : mieux partager l'eau, réduire les besoins, optimiser les usages ; redonner aux sols leur pouvoir d'infiltrer l'eau et de la stocker ; former et sensibiliser les acteurs du territoire pour partager une culture commune de l'eau.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Concrètement, cela peut se traduire par des projets comme la création de noues d'infiltration végétalisées, la création de bassins d'infiltrations, la mise en place de revêtements drainants ou perméables, la création d'espaces temporairement inondables, ou des solutions alternatives pour les eaux pluviales.

Accompagnement technique et financier

Les représentants du SMGG ont assuré aux élus : "C'est vous les élus, qui êtes sur le terrain, qui allez nous faire remonter les projets et nous au Syndicat mixte nous serons les techniciens qui vont vous accompagner pour monter ces projets et les réaliser." Cet accompagnement peut aller du conseil à l'accompagnement technique, financier, la maîtrise d'œuvre ou d'ouvrage. Il est rendu possible par les sept partenaires qui coordonnent le projet avec le syndicat : la communauté de communes du Pont du Gard, l'EPTB des Gardons, la Fédération départementale des Civam, la Scop Agroof, la Chambre d'agriculture et l'unité mixte de recherches Lisah (AgroParisTech, INRAE, IRD). Deux autres structures sont associées sur le plan technique : le Sictomu et le ministère des Armées (le Camp des garrigues est intégré dans le périmètre d'action).

Calendrier et objectifs

Les projets doivent être réalisés d'ici 2030 et évalués en 2031. Le directeur du SMGG, Jean-Marie Chanabé, a reconnu que "le délai (31 juillet 2026) pour répondre à l'AMI peut paraître court, surtout pour les nouveaux élus", mais a précisé qu'un second appel à manifestation d'intérêt serait lancé à l'automne. L'objectif est de ne pas perdre de temps puisque les projets doivent être réalisés d'ici 2030.

Philippe Marchesi, président de la communauté de communes du Pont du Gard, a souligné : "Nos régions méditerranéennes du pourtour climatique sont parmi les plus exposées au monde concernant les risques liés au changement climatique. Nous devons être à l'avant-garde des solutions et c'est l'objectif de ce projet."

Intérêt des élus et retour d'expérience

Une présentation qui a vivement intéressé les élus "alors que la France vit un épisode inédit de chaleur intense et que les impacts de ces événements extrêmes (en termes de santé, d'économie…) deviennent de plus en plus lourds", a souligné Dominique Andrieu Bonnet, conseillère départementale et présidente du SMGG.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

En fin de séance, le retour d'expérience d'Alix, maraîchère à Vers-Pont-du-Gard, a donné une note d'espoir montrant que toute initiative peut porter ses fruits. "Lorsque j'ai repris l'exploitation, j'ai fait faire une analyse de sol : le taux en matière organique était extrêmement bas. Accompagné par le Sivam, je me suis mise au compost, j'en ai des tonnes aujourd'hui et les analyses montrent que le taux de matières organiques du sol est vraiment remonté." Sans occulter les difficultés ("5 ans vraiment très difficiles"), l'agricultrice a réaffirmé son amour pour son métier et son envie de le transmettre : "Je forme tout le temps des stagiaires, des apprentis… !"