Plainte contre une sénatrice paraguayenne pour insultes racistes envers Mbappé
Plainte pour insultes racistes contre Mbappé au Paraguay

La Fédération française de football (FFF) a déposé une plainte auprès du parquet de Paris après les insultes racistes proférées par la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla à l'encontre de Kylian Mbappé. Le parquet de Paris a confirmé à 20 Minutes avoir ouvert une enquête pour « injure publique » et « provocation publique à la haine ou à la violence », avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion réelle ou supposée de la victime.

Des poursuites pénales compromises par l'immunité

Selon le Code pénal français, une personne reconnue coupable de ces faits encourt un an de prison et 45 000 euros d'amende. Cependant, Celeste Amarilla bénéficie de l'immunité parlementaire en tant que sénatrice. L'avocat pénaliste Georges Parastatis, spécialiste en droit international, explique à 20 Minutes : « Comme pour une députée, cette sénatrice bénéficie de l'immunité et je ne vois pas comment cette immunité pourrait être écartée. »

Même si elle venait passer ses vacances à Courchevel ou Saint-Tropez, « on ne pourrait rien faire d'autre que lui demander de venir volontairement répondre à la justice », poursuit Me Parastatis. Si elle refusait, l'affaire s'arrêterait là. Une extradition est exclue : « jamais le Paraguay n'acceptera de l'extrader et jamais Interpol ne pourrait éditer une fiche rouge dans ce dossier puisqu'il faudrait un quorum de plus d'un an de détention pour les faits poursuivis afin de lancer un mandat d'arrêt international », ajoute le spécialiste.

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Les risques d'une judiciarisation

Pour Bertrand Badie, politiste spécialiste des relations internationales, l'action punitive de la justice n'a aucune chance d'aboutir et « risque en plus d'aboutir à des effets pervers, comme victimiser cette personne ou gonfler démesurément ses propos déjà outranciers et épouvantables ». Attendre la fin de son mandat de sénatrice ne fonctionnerait pas non plus, car « le Paraguay ne l'extradera pas forcément pour autant et les faits qui lui sont reprochés seront sans doute couverts d'ici là par la prescription », reconnaît l'avocat en droit international.

La voie diplomatique : priver de visa

Reste la voie diplomatique. Bertrand Badie affirme que « la France entretient de très anciennes et bonnes relations avec le Paraguay ». Priver Celeste Amarilla de vacances sur le territoire français ne devrait pas déclencher de crise diplomatique majeure, d'autant que le gouvernement du Paraguay et le sénat se sont désolidarisés de ses propos. Selon Me Parastatis, « ne plus lui délivrer de visa pour l'empêcher de revenir est tout à fait envisageable, de la même manière qu'on peut expulser des diplomates étrangers, ce que l'on a déjà fait avec des diplomates russes ».

Cependant, le spécialiste des relations internationales estime que cette mesure est anecdotique. « La vraie question est de traquer le mal de ses paroles où il est, pour que cette forme d'outrance ne soit plus banale, insiste-t-il. Et cela passe par une dénonciation plus massive qu'elle ne l'a été jusqu'à aujourd'hui. » Plus qu'une action en justice ou la priver de Saint-Tropez ou de ski à Courchevel, l'avocat imagine que la meilleure réponse est « de gagner la Coupe du monde ». On valide.

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