Coupes dans l'aide : un million de femmes privées d'assistance selon l'ONU
Coupes dans l'aide : un million de femmes privées d'assistance

Un million de femmes et de filles se retrouvent sans accès à des services essentiels de protection et de santé à la suite des réductions drastiques de l'aide humanitaire américaine, a alerté ONU Femmes dans un communiqué publié jeudi 10 juillet. L'organisation onusienne dénonce les conséquences dévastatrices des coupes budgétaires décidées par l'administration Trump, qui affectent directement les programmes de soutien aux femmes dans les zones de conflit et les situations d'urgence.

Des services vitaux supprimés

Selon ONU Femmes, les financements américains représentent environ 40 % de l'aide humanitaire mondiale. La suppression de ces fonds a contraint de nombreuses organisations à interrompre leurs activités, notamment dans les domaines de la santé maternelle, de la lutte contre les violences basées sur le genre et de l'accès à l'éducation pour les filles. « Ces coupes touchent les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles qui dépendent de ces programmes pour survivre », a déclaré Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive d'ONU Femmes.

L'organisation cite l'exemple du Yémen, où 70 % des services de santé maternelle financés par les États-Unis ont été suspendus, privant 500 000 femmes de soins prénatals et postnatals. En Syrie, 200 000 filles ont perdu l'accès à des espaces sécurisés et à des programmes éducatifs. Au Soudan du Sud, les centres d'accueil pour victimes de violences sexuelles ont fermé leurs portes, laissant des milliers de femmes sans soutien.

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Une pression accrue sur les femmes

Les réductions budgétaires interviennent dans un contexte où les besoins humanitaires sont déjà immenses. Selon l'ONU, 168 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire dans le monde, dont 70 % de femmes et d'enfants. « Les femmes sont les premières à souffrir des conflits et des catastrophes, et elles sont aussi les premières à être privées d'assistance lorsque les financements baissent », a ajouté Mlambo-Ngcuka.

Les coupes américaines affectent également les programmes de prévention des mariages forcés et des grossesses précoces. Au Bangladesh, dans les camps de réfugiés rohingyas, 30 000 adolescentes ont perdu l'accès à des formations sur les droits et la santé reproductive. En Somalie, les cliniques mobiles qui offraient des soins aux femmes déplacées ont cessé leurs activités.

Un appel à la communauté internationale

ONU Femmes appelle les autres pays à combler le déficit de financement et à maintenir leurs engagements en matière d'aide humanitaire. « Il est impératif que la communauté internationale ne laisse pas tomber les femmes et les filles qui comptent sur notre solidarité », a insisté la directrice exécutive. L'organisation rappelle que chaque dollar investi dans l'aide aux femmes a un effet multiplicateur sur le développement et la stabilité des communautés.

Les États-Unis ont réduit leur contribution à l'aide humanitaire de 30 % par rapport à l'année précédente, selon les chiffres de l'USAID. Cette décision s'inscrit dans une politique de réduction des dépenses étrangères prônée par l'administration Trump. Plusieurs organisations non gouvernementales ont déjà alerté sur les conséquences désastreuses de ces coupes, qui pourraient entraîner une augmentation de la mortalité maternelle et infantile, ainsi qu'une recrudescence des violences faites aux femmes.

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