Ce samedi 30 mai, plusieurs milliers de personnes, majoritairement des jeunes, ont défilé dans les rues de Montpellier pour protester contre des projets de loi visant les organisateurs et participants de free parties. Sous la banderole « La rue danse, l'État réprime », les manifestants ont exprimé leur colère face à une répression jugée excessive.
Un nouveau délit contesté
Le Sénat a adopté le 26 mai, dans le cadre du projet de loi Ripost, un nouveau délit pour l'organisation d'une free party, puni de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. La simple participation à une rave party est désormais passible de six mois de prison et 7 500 euros d'amende, avec une amende forfaitaire délictuelle de 1 500 euros pour éviter les poursuites. « La répression de ce mouvement devient de la folie furieuse », dénonce Patrick Schevin, de Solidaires, syndicat coorganisateur du défilé avec deux sound-systems. « Ils s'en prennent à une culture jeune et populaire, qui réunit des gens précaires voulant juste faire la fête. »
Une interdiction préfectorale dans l'Hérault
Dans l'Hérault, les free parties sont interdites pour toute l'année 2026 par la préfecture, comme en 2025. « Il y a la volonté d'asphyxier une jeunesse déjà meurtrie par le contexte socio-économique », estime « Sen », un jeune de Clermont-l'Hérault, coorganisateur du défilé. « Avec cette Manifestive, nous nous révoltons le cœur en deuil. Car c'est sûrement la dernière fois que nous sommes réunis sans craindre une amende faramineuse, sans craindre de rentrer chez soi blessé par les forces de l'ordre, sans craindre que l'un de nous ne rentre pas du tout. »
Des revendications claires
Les manifestants réclament le retrait de la proposition de loi 1133 et de la loi Riposte, ainsi que la démission d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. « Nous défendons des libertés fondamentales », affirment-ils. Cette année, le cortège a emprunté un itinéraire inverse par rapport à 2025, partant de l'hôtel de ville pour rejoindre les Arceaux. La colère était plus vive, comme en témoignent les slogans : « Plus de son, moins de répression », « Du vent les fachos », « Moins de keufs, plus de teufs », « Rien n'arrête un peuple qui danse », « On préfère nos vinyles à nos vies nulles ».
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