À 50 ans, Oriane se souvient du jour où elle a cessé d'être Marion. C'était lors d'un séjour en Grande-Bretagne, en classe de première. Elle avait alors décidé de tester un autre prénom, Oriane, l'un des quatre que ses parents lui avaient donnés à la naissance. « Je ne l'ai jamais vraiment aimé, ce prénom. Ça sonnait comme “mariage, mari, mariée”, je n'étais pas à l'aise avec ça », confie-t-elle.
Un prénom non binaire peut se refermer comme un piège
Marion, Elsa, Oriane et Denise : tels étaient les quatre prénoms inscrits sur son acte de naissance. Mais c'est Marion qui était son prénom d'usage, et il lui pesait. « Je pense que c'était lié à mes parents. J'étais ado, j'avais des relations compliquées avec eux… Je me cherchais et ce prénom que je trouvais fade, ni vraiment à la mode ni particulièrement rare, ne me convenait pas », explique-t-elle.
Le départ pour la Grande-Bretagne a été le déclic. « En arrivant, j'ai dit à ma famille anglaise et à tous les jeunes du groupe que je m'appelais Oriane. C'était le moment de tester quelque chose de différent, dans un endroit neutre, où je ne connaissais personne. »
Le retour en France et les réactions familiales
De retour en France, Oriane a conservé ce nouveau prénom. Mais l'accueil de ses proches a été contrasté. « Ma mère n'a pas supporté, mon père a joué le jeu », raconte-t-elle. Cette différence de réaction a marqué la jeune fille, qui a dû s'affirmer dans son choix identitaire.
Le changement de prénom n'a pas été sans conséquences. « Ma mère n'a pas supporté », répète Oriane, soulignant la difficulté pour certains parents d'accepter que leur enfant rejette le prénom qu'ils ont choisi. Son père, en revanche, a rapidement adopté le nouveau prénom, facilitant la transition.
Un cheminement identitaire durable
Aujourd'hui âgée de 50 ans, Oriane revient sur cette période avec le recul nécessaire. « Une part de mes souffrances s'est envolée quand j'ai changé de prénom », confie-t-elle, rejoignant le témoignage d'autres personnes ayant vécu une expérience similaire. Le prénom, bien plus qu'un simple mot, est un marqueur identitaire puissant.
Ce changement, amorcé à l'adolescence, a permis à Oriane de s'affirmer et de se sentir en accord avec elle-même. Elle explique que ce prénom, qu'elle a choisi parmi ceux que ses parents lui avaient donnés, lui correspondait mieux. « Un prénom non binaire peut se refermer comme un piège sur un enfant », ajoute-t-elle, évoquant les difficultés que certains prénoms peuvent poser.
Le témoignage d'Oriane illustre comment un simple changement de prénom peut avoir un impact profond sur la construction de l'identité, surtout à l'adolescence. Les réactions familiales, parfois violentes, peuvent compliquer ce processus, mais le soutien d'un parent peut faire la différence.



