Le talonneur international du Rugby Club Toulonnais Teddy Baubigny (27 ans, 3 sélections) a accordé un entretien à Var-Matin en marge du stage de préparation estivale de son équipe à Briançon (Hautes-Alpes). Il y évoque les ambitions collectives, le changement de cycle, l'identité de jeu recherchée et la nécessité de retrouver de la régularité après une saison 2025-2026 décevante, marquée par une non-qualification pour les phases finales du Top 14 malgré une demi-finale de Champions Cup.
Un nouveau cycle et des méthodes qui changent
Interrogé sur les premières semaines de cohabitation avec le nouveau staff, Baubigny se montre positif. « Il y a beaucoup de choses positives. Déjà, c’est un discours différent, à plein de niveaux. C’est une histoire de cycles. Cela faisait trois ans qu’on était sur un. Là, on en démarre un nouveau », explique-t-il. L'arrivée d'Alex Codling en tant qu'entraîneur des avants et les nouvelles missions confiées à Cédric Béal et Mickaël Ivaldi participent de ce renouveau.
« En tout cas, ça fait du bien de voir que les méthodes changent. Je pense que ça remet tout le monde à jour. Il faut se faire sa place, créer de l’émulation, remettre la concurrence en jeu pour que tout le monde donne le meilleur de soi-même », ajoute le talonneur. Il insiste sur la nécessité de stimuler l'équipe en permanence, car « sur l’ensemble de la saison, on aura besoin de tout le groupe ».
Digérer une saison « pliée avant la fin »
Revenant sur l'exercice précédent, Teddy Baubigny confie avoir vécu une situation inédite dans sa carrière. « Ce qui a été délicat, c’est que la saison était pliée avant même qu’elle ne soit terminée. C’est la première fois de ma carrière que je vivais ça. On n’avait plus rien à jouer. Ni en haut, ni en bas », déclare-t-il.
Pour passer à autre chose, le joueur a misé sur une préparation estivale rigoureuse. « J’avais envie de revenir. Quand tu ne fais pas une très bonne saison, tu veux rapidement remettre le bleu de chauffe. J’ai fait une préparation vraiment sérieuse. J’ai essayé de trouver des moyens, individuellement, de mieux récupérer et d’investir sur mon corps », précise-t-il. Physiquement, il a ciblé le haut du corps, estimant « avoir encore une marge de progression », et se dit « assez satisfait » du travail accompli avec les préparateurs physiques.
« Je ne veux plus revivre ce sentiment de déclin »
Le leader du vestiaire toulonnais, qui entame sa cinquième saison sur la rade, ne cache pas son ambition de voir l'équipe plus équilibrée. « On ne peut pas vivre des semaines où on a l’impression d’être champions du monde après une grosse victoire et, le week-end suivant, avoir le sentiment d’être la pire équipe du Top 14 après en avoir pris 50 à l’extérieur », souligne-t-il.
Il explique que le groupe a « paniqué » après le premier revers à domicile la saison passée. « On sentait notre groupe perdre pied, sans pour autant savoir comment le remettre d’aplomb. Je ne veux plus ressentir cette fragilité », insiste-t-il. « Je ne veux plus revivre ce sentiment de déclin comme on a pu le vivre l’année dernière. C’est-à-dire une équipe qui perd pied en l’espace de quelques semaines. »
Interrogé sur l'identité de jeu que Pierre Mignoni souhaite mettre en place, Baubigny évoque un retour aux fondamentaux du club. « On doit se remettre à jour sur les fondamentaux du club. C’est le but de ces réunions. La saison dernière, on était une équipe relativement propre, mais qui ne se basait pas sur les points forts que devraient être ceux d’une équipe de Toulon. Je pense à la conquête, forcément, au jeu d’avants ensuite, ou encore à la défense. On a remis l’accent sur ces basiques-là », détaille-t-il.
La concurrence au poste de talonneur
Au sujet de la concurrence avec Gianmarco Lucchesi et Pierre Damond, Teddy Baubigny se montre serein. « Je la vis très bien, dans le sens où on s’entend tous les trois relativement bien. Après, on est des compétiteurs et on a forcément tous envie de jouer les matches. C’est normal », confie-t-il. Il rappelle que les saisons précédentes ont été « tronquées par les blessures » et qu'il faut parfois « serrer les dents quand tu es seul ou qu’il y a très peu de monde au poste », ou accepter de faire tourner pour « se stimuler individuellement et être meilleur pour l’équipe ». « Comme toutes les saisons, j’ai envie de gagner ma place et de jouer le maximum possible », conclut-il.



