Depuis plus d'un siècle, les transats des parcs royaux de Londres sont un symbole de l'été britannique. Chaque année, des milliers de Londoniens et de touristes s'y installent pour profiter du soleil, lire un livre ou simplement se détendre. Ces chaises longues emblématiques sont devenues une véritable institution, au même titre que les gardes royaux ou le thé de l'après-midi.
Une tradition née à la fin du XIXe siècle
L'histoire des transats dans les parcs royaux remonte à 1886, lorsque le premier modèle pliant est breveté par John Thomas Moore. Rapidement, les parcs de Londres adoptent ces chaises pratiques et confortables. Hyde Park, Regent's Park, Green Park ou encore St James's Park : tous proposent désormais des transats à la location. En 2023, on estime que plus de 1,5 million de locations ont été enregistrées dans les huit parcs royaux de la capitale.
La gestion de ces transats a longtemps été assurée par les autorités des parcs, mais depuis 2010, elle est confiée à des entreprises privées via des appels d'offres. Actuellement, c'est la société Park Leisure qui détient le contrat pour une durée de dix ans, renouvelable. Selon un porte-parole de l'entreprise, « la demande ne faiblit pas, et nous innovons chaque année pour offrir plus de confort et de services aux usagers ».
Un modèle économique qui fonctionne
Le système de location est simple : les transats sont proposés à la journée, à la semaine ou à la saison. Les tarifs varient de 2,50 livres sterling (environ 2,90 euros) pour une heure à 80 livres (93 euros) pour un abonnement annuel. Cette formule permet de couvrir les coûts d'entretien et de renouvellement du matériel, tout en générant des bénéfices reversés en partie aux parcs. En 2022, le chiffre d'affaires total des locations de transats dans les parcs royaux a atteint 4,2 millions de livres sterling, selon le rapport annuel de Park Leisure.
Les transats sont également un atout pour l'image des parcs. « Ils créent une atmosphère conviviale et détendue, tout en rappelant le patrimoine victorien de la ville », explique Sarah Jenkins, historienne spécialiste des espaces verts londoniens. « Les touristes sont souvent surpris de voir autant de chaises alignées, mais ils adoptent vite cette habitude typiquement britannique. »
Des défis pour l'avenir
Malgré leur popularité, les transats doivent faire face à plusieurs défis. Le changement climatique, avec des étés plus chauds et plus secs, augmente la fréquentation mais aussi l'usure du matériel. Les canicules successives poussent les gestionnaires à renforcer la résistance des chaises aux UV et à l'humidité. Par ailleurs, la concurrence des nouvelles offres de loisirs, comme les locations de vélos ou les espaces de pique-nique, oblige à diversifier les services.
Pour l'instant, les transats restent un incontournable des parcs londoniens. Comme le résume un habitué de Hyde Park, « s'asseoir sur un transat, c'est un peu comme prendre le thé : c'est un rituel qui fait partie de l'âme de Londres ».



