Jeunes Français pessimistes pour l'avenir collectif
Jeunes Français pessimistes pour l'avenir collectif

À quelques mois de l'élection présidentielle de 2027, les jeunes Français affichent un net pessimisme quant à l'avenir collectif du pays. Selon une enquête Ipsos/BVA publiée mardi et réalisée en ligne auprès de 3 000 jeunes âgés de 18 à 29 ans pour le collectif Jeunesse 2027, seuls 25 % d'entre eux se disent confiants dans l'avenir de la France. Ce constat contraste fortement avec leur situation personnelle, puisque 77 % se déclarent « satisfaits de leur vie ».

Un pessimisme plus marqué chez les jeunes en difficulté financière

La confiance dans l'avenir du pays varie nettement selon la situation financière des répondants. Elle tombe à 16 % chez les jeunes en « difficulté financière », contre 32 % chez ceux qui se considèrent « à l'aise ». Ce clivage révèle une inquiétude particulièrement vive parmi les jeunes les plus vulnérables.

Les perspectives économiques et professionnelles alimentent ces inquiétudes. Au total, 89 % des jeunes pensent qu'ils devront travailler plus longtemps que les générations précédentes, 86 % qu'ils auront davantage de difficultés à accéder à la propriété et 84 % qu'ils rencontreront plus de difficultés à trouver un emploi stable. Autre signe de ce pessimisme, 79 % ont déjà envisagé de construire leur vie ailleurs qu'en France, dont 34 % sérieusement.

Une défiance marquée envers les responsables politiques

La défiance envers les responsables politiques est également très forte. Parmi les jeunes interrogés, 78 % estiment qu'ils « préparent mal leur avenir ». Seul un quart considère qu'ils « comprennent leurs difficultés quotidiennes » et « prennent des décisions qui vont dans l'intérêt des jeunes ». Le pouvoir d'achat arrive en tête de leurs préoccupations, devant l'insécurité. Toutefois, l'environnement et la lutte contre les discriminations et les inégalités sociales sont « des marqueurs beaucoup plus forts » chez les jeunes, selon Brice Teinturier.

Cette défiance ne signifie pas pour autant un rejet de l'élection présidentielle. Quelque 80 % des jeunes déclarent avoir l'intention d'aller voter en 2027. Mais seuls 55 % se disent « certains » de se rendre aux urnes, ce qui conduit Brice Teinturier, directeur général d'Ipsos, à craindre « une démocratie confisquée par les seniors ». Parmi ceux qui envisagent l'abstention, la conviction que « leur vote ne changera rien » constitue le premier motif cité.

Des propositions concrètes pour répondre aux attentes des jeunes

L'enquête évalue aussi une dizaine de propositions élaborées par 200 jeunes réunis cet été par l'université d'Aix-Marseille et le Cercle des économistes. Parmi les mesures les plus approuvées figurent un bilan de santé gratuit à 20 ans, des ateliers de sensibilisation à la santé mentale pendant la scolarité, une heure d'orientation toutes les deux semaines dès le collège, une garantie locative publique unique et simplifiée ainsi qu'un recours antidiscrimination pour chaque recherche de stage.

Le collectif Jeunesse 2027 souhaite aussi renforcer la prise en compte des pétitions, conventions citoyennes et référendums d'initiative citoyenne, faire de « la protection du vivant une priorité nationale régalienne » et mieux intégrer le climat et la biodiversité dans les appels d'offres. Ses propositions doivent être remises à des personnalités ayant accepté de rencontrer le collectif, parmi lesquelles François Hollande, Marine Tondelier et Édouard Philippe. Brice Teinturier les qualifie de « concrètes » et « pas dans la radicalité ».