Nice : près de 3 000 jeunes défilent contre la politique du gouvernement
Nice : 3 000 jeunes défilent contre la politique du gouvernement

Près de 3 000 lycéens et étudiants ont défilé ce mardi 6 octobre à Nice, entre la place Garibaldi et la gare Thiers, pour exprimer leur colère contre la politique du gouvernement et réclamer de meilleures conditions de vie et d'étude. Alors que les organisateurs avaient déclaré en préfecture la veille 1 000 manifestants, la mobilisation a largement dépassé les attentes, dans une ambiance qualifiée de « bon-enfant » par les participants et les observateurs.

La manifestation, initiée à la demande du Front populaire étudiant (FPE), a réuni des lycéens de tout le département ainsi qu'une majorité d'étudiants azuréens. Les associations de parents d'élèves (FCPE) et les syndicats enseignants (SNES-FSU et Sud) ont apporté leur soutien, tandis que la CGT était missionnée pour assurer l'encadrement du cortège. Malgré les craintes de débordements après les heurts ayant émaillé plusieurs blocus lycéens dans les Alpes-Maritimes, aucun incident n'est venu entacher cette mobilisation.

Une manifestation sous le signe de la jeunesse

« Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu autant de jeunes défiler dans les rues de Nice », a fait remarquer un passant, avenue Jean-Médecin. Les organisateurs ont tenu à mettre en avant les jeunes manifestants, comme en témoigne une meneuse au départ du cortège : « On veut d'abord les lycéens et les étudiants derrière la banderole de tête ». Les syndicats et parents d'élèves, parfois trop imposants devant le cortège, ont d'ailleurs été rappelés à l'ordre par les jeunes meneurs.

Malgré cette volonté affichée, de nombreux drapeaux de partis politiques d'extrême-gauche étaient visibles, ainsi que des slogans politiques tels que « Siamo tutti antifascisti » ou « la jeunesse emmerde le Front national », parfois décliné en « la jeunesse emmerde Éric Ciotti ». Des messages contre les violences policières ont également été scandés, comme « Plus de place à la fac pour pas finir à la Bac ».

Des revendications communes entre lycéens et étudiants

Didier Giauffer, secrétaire départemental du syndicat d'enseignants Snes-Fsu, a expliqué : « On avait cru comprendre que les lycéens ne voulaient aucune récupération. Pour nous, hors de question d'amener des drapeaux. Visiblement, d'autres sont venus avec, mais on ne va pas leur voler leur manif' ». Rémi Demouveaux, secrétaire général de l'UD CGT 06, a ajouté : « Tout est politique dans la vie. Le gouvernement Macron est hors-sol et ne prend pas en compte la grogne de la jeunesse qui monte. Ce n'est pas surprenant d'entendre des slogans anti extrême droite et anti Macron ».

Lou, étudiante à la fac de Carlone, a souligné la convergence des luttes : « Nous partageons les mêmes demandes que les lycéens donc ça a du sens d'être avec eux aujourd'hui. Dans notre fac, on a de mauvaises conditions de travail : des murs délabrés qui tombent, des difficultés pour se garer et la clim' qui ne marche pas ».

Des revendications précises et un mouvement qui compte durer

Sacha, coprésident du Front Populaire Étudiant, a pris la parole place Garibaldi avant le départ du cortège. Il a dénoncé la précarité étudiante, demandé l'abrogation de Parcoursup et de MonMaster, la revalorisation des bourses, le dégèle des APL et la fin de l'augmentation des droits d'inscription pour les étudiants étrangers : « On se bat contre le tri social et la discrimination ».

Les lycéens, qui avaient déjà exprimé leurs revendications lors des blocus, ont manifesté leur volonté d'être écoutés par le gouvernement et l'Éducation nationale. Vini, membre de l'Union syndicale lycéenne 06 (USL) et lycéen à Carnot à Cannes, a déclaré : « On ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas été écoutés et tant que des choses n'auront pas été mises en place ». Zeyd, membre de l'USL06 et lycéen à Audiberti à Antibes, a complété : « Au-delà des conditions de travail propres à chaque lycée, ce que l'on demande, c'est la suppression de Parcoursup, la prise en compte de la santé mentale des jeunes et on en a assez des 8h-18h ».

Quelles suites pour le mouvement ?

À l'issue de cet « acte III » de la manifestation, lycéens et étudiants prévoient de poursuivre la mobilisation. Tom, responsable fédérale de l'USL 06, a estimé : « Je pense que le mouvement va perdurer. Il y a déjà des appels pour le 17 octobre (un appel national à la grève contre le coût de la vie, ndlr), qui devrait être encore plus suivi. J'ai pas le contrôle sur tous les lycées, je sais qu'il y en a qui veulent refaire des blocus. Je suis dubitatif car je pense que ça peut desservir. Il faut laisser le temps aux administrations de gérer les problèmes. Mais c'est une question à débattre dans chaque lycée ».

De son côté, Vini, membre de l'USL, assure que les blocus sont « le seul moyen de se faire entendre » face à « une jeunesse trop peu écoutée ». Des appels au blocus ont d'ores et déjà été lancés dans plusieurs lycées azuréens, ainsi qu'à la fac Carlone, pour la journée de ce mercredi alors que les établissements doivent rouvrir progressivement.