Disparition de Jeannette Capacci, la reine du pan bagnat de Saint-Isidore
Jeannette Capacci, reine du pan bagnat de Saint-Isidore, est décédée

La « reine du pan bagnat » s'en est allée. Jeannette Capacci, figure incontournable du quartier de Saint-Isidore à Nice, est décédée, laissant derrière elle une page d'histoire locale. Pendant 75 ans, elle a tenu l'épicerie familiale ouverte en 1904 par sa grand-mère. Sa disparition marque la fin d'une époque où Saint-Isidore était encore une campagne verdoyante.

Une vie dédiée à l'épicerie

Née en 1933, Jeannette a commencé à donner un coup de main dans la boutique de ses parents à l'âge de 14 ans, en 1947. Elle n'a jamais quitté le tablier. En 2023, à 90 ans, elle a baissé le rideau pour la dernière fois après une chute. L'épicerie, située avenue Auguste-Vérola, était bien plus qu'un commerce : c'était le cœur du village. Les clients venaient de loin pour acheter son célèbre pan bagnat, garni de tomates de plein champ, de thon et de basilic. Le tout généreusement arrosé d'huile d'olive.

Jeannette était la troisième génération d'épiciers de la famille Braquet-Capacci. Sa grand-mère paternelle, Angélique Braquet, avait ouvert la boutique en 1904. Elle y vendait des produits de base : polenta, graine de couscous, huile, coulis de tomates. Pas de caisse enregistreuse, mais de vieux cahiers à carreaux où tout était noté à la plume. Les comptes, les noms des clients, les dettes.

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Le pan bagnat légendaire

La spécialité de Jeannette, c'était le pan bagnat. Elle le préparait avec soin, utilisant des ingrédients simples mais de qualité. Les travailleurs du quartier, les Italiens venus chercher du travail, les enfants du coin... tous se pressaient pour déguster ce sandwich emblématique. Sur le comptoir, il y avait aussi des bonbecs pour les pitchouns. L'épicerie était un lieu de vie, de rencontres et de confidences.

En 2012, Jeannette confiait au journal local : « Cavalero, Berrutti, Grappo, Monticelli, Vérola » en feuilletant les pages de ses cahiers. Des noms de clients qui témoignaient de l'histoire du quartier. L'épicerie était restée dans son jus, avec ses carreaux de ciment usés, ses étagères séculaires, et une porte bleue que l'on poussait avec précaution.

Hommages et souvenirs

La nouvelle de sa disparition a suscité une vive émotion à Saint-Isidore. La députée de la 5e circonscription, Christelle d'Intorni, a rendu hommage à Jeannette sur les réseaux sociaux : « C'est avec une profonde émotion que j'apprends le décès de Jeannette Capacci, figure emblématique de Saint-Isidore. Pendant 75 ans, elle a fait vivre avec passion l'épicerie familiale, faisant de ce commerce bien plus qu'une boutique : un véritable lieu de vie, de rencontres et de partage. Avec elle, c'est une page de l'histoire de Saint-Isidore qui se tourne et une part de l'âme de notre quartier qui s'en va. »

Les habitants du quartier, eux aussi, pleurent celle qui était bien plus qu'une commerçante. « C'était notre mère à tous », confie l'un d'eux. Jeannette n'avait pas eu d'enfants, mais elle avait nourri des générations de Saint-Isidoriens. Son épicerie était le centre du village, un lieu où l'on venait autant pour les provisions que pour les conversations.

Avec Jeannette Capacci, c'est un pan entier de l'histoire de Nice-Ouest qui disparaît. Son épicerie, fermée depuis 2023, restera dans les mémoires comme un symbole d'authenticité et de générosité.

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