Depuis le 1er septembre 2026, emprunter un livre dans l'une des cinq médiathèques de Nîmes ne coûte plus un centime. Cette mesure, promise par le maire Vincent Bouget, a entraîné une hausse spectaculaire de la fréquentation : +278 % en trois semaines par rapport à la même période l'an dernier, selon Denis Lanoy, adjoint au maire délégué aux Arts, à la Culture, aux Équipements culturels et à l'Éducation populaire.
Une mesure pour lever les freins à l'accès à la culture
Avant cette réforme, la carte d'emprunteur annuelle coûtait entre 3 et 42 euros selon les revenus. Pour Denis Lanoy, « le prix peut être un vrai frein à l'accès à la lecture ». L'idée, née collectivement durant l'élaboration du programme de Vincent Bouget, alors candidat, visait à « lever un obstacle de plus à l'accès à la culture et aux livres ».
La gratuité repose sur un principe d'universalisme. Valérie Travier, directrice du réseau des cinq médiathèques, observe que « de nouveaux usagers affluent dans nos bibliothèques et de toute part », venant de Nîmes, des villages de l'agglomération, et même d'ailleurs. Certains découvrent le processus d'emprunt de A à Z, d'autres laissent transparaître leur illettrisme, se renseignant d'abord sur la location de DVD avant d'oser demander des ouvrages simples.
Des projets pour renforcer le lien avec le livre
Denis Lanoy plaide pour ne pas raisonner « en termes de gestion économique » quand il s'agit d'accès à la culture. Des projets sont en réflexion, notamment pour la bibliothèque Marc-Bernard, temporairement délocalisée rue Edgar-Poe, dans le quartier de Pissevin. L'offre de service public à l'étude s'annonce forte, même si la localisation future du lieu n'est pas officiellement arrêtée.
Le Mediabus, bibliothèque itinérante, pourrait voir sa proposition culturelle renforcée. « Le concept du service public qui se déplace vers l'usager connaît un franc succès », assure Valérie Travier. Pour certains habitants des secteurs excentrés ou mal desservis, cette bibliothèque itinérante constitue parfois le seul lien à la culture.
« Ma première carte de bibliothèque » pour 1 700 élèves
Autre mesure phare de la rentrée 2026 : les 1 700 élèves inscrits en cours préparatoire ont reçu une carte de bibliothèque, parfois remise en main propre par les élus. L'initiative, lancée cette année, sera pérennisée dès l'année prochaine. Pour cette première édition, la carte a été stylisée par l'artiste Marion Bataille, avec un ton pop et coloré, en cohérence avec son exposition atelier qui débutera en mars 2027 à Carré d'art. Chaque année, un nouvel artiste sera sollicité pour le design graphique de la carte.
Les usagers témoignent de l'impact de la mesure. Abdelaziz, 18 ans, élève au lycée Daudet, aspire à intégrer l'École du Louvre. Sans la gratuité, il se tournerait vers internet pour consulter les ouvrages d'histoire de l'art nécessaires à son concours. Romane, 32 ans, a instauré un rituel avec son fils de quelques semaines : ils viennent flâner le matin à Carré d'Art, elle emprunte des livres et ils participeront bientôt aux animations dédiées aux plus petits.
La municipalité affiche sa volonté de consolider ces lieux, qui constituent parfois « l'un des rares derniers services publics du quartier, quand il ne s'agit pas véritablement d'un refuge », selon les termes de l'élu.