Affiches parodiques de Futur à Béziers : la réponse animaliste aux visuels de Robert Ménard
Futur répond aux affiches de Robert Ménard par une parodie animaliste

L'association animaliste Futur a conçu et collé ses propres affiches parodiques dans le centre-ville de Béziers, en réponse aux visuels polémiques de l'équipe du maire Robert Ménard diffusés pendant la Feria. Les réactions continuent de pleuvoir, tant sur les réseaux sociaux que dans les rues de la ville.

Des affiches parodiques pour dénoncer la torture taurine

Ce jeudi 20 août, l'association Futur a placardé son message sur les abribus de la mairie et de la place de la Victoire, ainsi que sur le kiosque à spectacles du théâtre. On pouvait y lire : « On aime les taureaux, pas leur torture, on respecte les victimes, pas les bourreaux, et vous ? » Ce message parodique s'inspire des codes visuels et de la charte graphique des affiches de la Ville, qui proclamaient : « On aime la messe, on aime les femmes, on aime les toros, on aime les flics, et vous ? » suivie de « Et, au fait, on aime aussi Sardou et la Marseillaise ! »

Nicolas, le chargé d'enquêtes de l'association, a expliqué : « En déployant une nouvelle campagne d'affichage municipale en faveur notamment de la tauromachie et en traitant publiquement les défenseurs des animaux de "sinistres animalistes" lors de son discours d'ouverture de la Feria, mercredi 12 août, le maire de Béziers a, une fois de plus, choisi l'agressivité et la provocation au détriment de l'éthique. » Face à cet usage de l'espace public « pour valoriser une pratique cruelle », il a ajouté : « Nous avons donc décidé d'une action d'affichage parodique dans les rues de Béziers. En s'inspirant des codes visuels et de la charte graphique des affiches en question, nous proposons une version détournée qui affirme une position globale de défense des victimes, un clin d'œil au haro des associations féministes ayant été également visées par la communication biterroise. »

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Un contexte de tensions et de réactions multiples

Les affiches originales de la Ville de Béziers ont été autant appréciées que critiquées. D'un côté, les fans de Robert Ménard ; de l'autre, des associations féministes (notamment des Rosies), des collectifs contre la corrida (Colbac), des partis politiques de gauche (socialistes, communistes…), la Libre pensée, certains Biterrois ne se reconnaissant pas dans ces affiches, et le conseiller régional Thierry Mathieu. Robert Ménard, dans son discours inaugural de la Feria, a également lancé « les féministes à deux balles ».

Nicolas a précisé : « Nous réinvestissons la rue de façon populaire pour rappeler qu'une majorité de citoyens rejette la torture taurine. Ces affiches détournées invitent les Biterrois et Biterroises à interroger la légitimité de la poursuite de cette tradition dérogeant à l'article 521-1 du Code pénal, qui interdit pourtant les sévices graves et les actes de cruauté envers un animal. » Sur le plan juridique, la corrida entre dans la catégorie des actes incriminés par le Code pénal, mais la loi choisit de ne pas poursuivre ou sanctionner les organisateurs et toreros sous deux conditions strictement encadrées : la pratique doit s'inscrire dans une tradition locale et la tradition ne doit pas avoir été interrompue dans la zone concernée. Béziers remplit ces conditions.

La réaction ironique de Robert Ménard et la position de la CGT

La réaction du maire biterrois à cette affiche parodique a été surprenante. Robert Ménard a déclaré : « Vive la liberté d'expression ! Quand on commence à être parodié, c'est qu'on a un certain impact… C'est d'autant plus cocasse que je n'ai jamais caché que je ne suis pas un fan de corrida et que je la défends car les gens ont le droit d'aimer des choses que je n'aime pas. »

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Par ailleurs, Julien Rader, pour l'union locale CGT, a tenu à réagir « après les propos scandaleux du maire de Béziers lors de l'inauguration de la Feria de Béziers, mais également face aux affiches qui ont suivi. » Il a expliqué que ses propos « insultent tous ceux qui ne sont pas d'accord avec lui : les jobards de la laïcité, les anti-corrida, les Parisiens, les Montpelliérains, les partis politiques ainsi que le Parlement, les féministes… Tous les codes utilisés sont ceux d'un politicien d'extrême droite ; il faut donc dénoncer ces pratiques. » Il a rappelé que la CGT « se bat pour l'égalité des droits entre les femmes et les hommes, et pour les droits des femmes, notamment au travail et dans la vie en général. Les propos tenus dans son discours : "on continuera à aimer les femmes, le corps et le regard des femmes à notre façon" ou encore ses dernières affiches proclamant qu'il aime la messe, les femmes, les toros, la police… renvoient, encore une fois, une idée rétrograde et archaïque de la femme, comme il le fait dès qu'il le peut dans son JDB et dans ses campagnes d'affichage. »