Double nom de famille : qui le choisit et pourquoi ?
Double nom de famille : qui le choisit et pourquoi ?

Une progression lente mais continue du double nom

En France, la transmission du nom de famille évolue. Selon une étude de l'Insee publiée le 16 juillet 2026, 15,1 % des 644 000 enfants nés en 2025 portent les noms de leurs deux parents. C'est une augmentation de près de cinq points depuis 2014, où ils n'étaient que 10,3 %. Cependant, la majorité écrasante des bébés (77,9 %) reçoivent encore uniquement le nom du père, tandis que 6,8 % portent celui de la mère, souvent parce qu'ils n'ont été reconnus que par elle.

Le poids des habitudes et des idées féministes

Manuela Spinelli, maîtresse de conférence à l'université Rennes 2, explique à l'AFP que transmettre le patronyme « est une habitude tellement installée que les gens considèrent que cela va de soi ». Les parents font « au plus simple ». Mais elle note que l'évolution est liée à la diffusion des idées féministes, qui « commencent à se normaliser », traduisant la « volonté des mères d'être reconnues aux yeux de la société ». Depuis 2005, la loi française permet aux parents de donner à leur enfant leurs deux noms, dans l'ordre de leur choix, ou un seul. Auparavant, seul le nom du père était transmis.

Le mariage, un facteur clé

Les parents non mariés choisissent près de trois fois plus souvent le double nom que les parents mariés : 21,7 % contre 7,6 %. Dans ces couples, où les femmes conservent leur nom de naissance, « le double nom permet de signaler le lien de filiation entre elles et leur enfant », selon l'Insee. Chez les couples de femmes, la majorité (59,9 %) donnent deux noms à leur enfant, une situation favorisée par la législation qui le prévoit par défaut, et qui permet de « rendre visible le lien de filiation entre l'enfant et chacune de ses deux mères ».

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Âge et profession de la mère

L'âge de la mère influence aussi le choix. Pour les mères de moins de 20 ans, 20,8 % des enfants portent un double nom, contre 12,8 % pour celles de 25-29 ans et 20,5 % pour celles de 40 ans ou plus. Les mères les plus jeunes, moins souvent mariées ou vivant avec le père, sont davantage motivées à rendre visible leur filiation. La profession joue également : les mères cadres, scientifiques, ou travaillant dans l'information, les arts ou les spectacles donnent près de deux fois plus souvent un double nom (31,5 %) que les autres (16,6 %). L'Insee analyse que ces professions « sont plus susceptibles d'acquérir une reconnaissance sociale fondée sur leur nom », et qu'elles veulent le transmettre car il « constitue une dimension importante de leur identité ».

Des disparités géographiques marquées

La transmission d'un double nom est plus fréquente dans le Sud-Ouest et en Corse. Dans les Pyrénées-Atlantiques, 26,9 % des nouveau-nés portent un double nom, dans les Landes et les Pyrénées-Orientales 24,7 %, et en Corse-du-Sud 22,8 %. L'Insee relie cette pratique à « la pratique autrefois répandue » de désigner « les individus par deux noms », dont l'un pouvait être celui de la mère ou de son lieu d'habitation. À l'inverse, le double nom est moins courant dans le Nord et l'Est : 10,8 % dans le Territoire de Belfort, 12,1 % dans le Pas-de-Calais.

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