Écrans : le temps d'exposition ne suffit plus pour mesurer les risques chez les jeunes
Écrans : le temps d'exposition ne suffit plus pour mesurer les risques

Dans un rapport publié par l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), le temps d'exposition aux écrans n'est plus considéré comme l'unique indicateur pour évaluer les risques liés à l'utilisation du numérique chez les jeunes. L'Observatoire met en lumière plusieurs comportements sur les réseaux sociaux qui nécessitent une attention particulière.

Le temps d'écran, un prisme réducteur

Le rapport, publié ce vendredi, conclut que le temps d'exposition aux écrans ne suffit plus pour jauger les risques associés aux usages numériques chez les enfants et les adolescents. Cette conclusion intervient alors que plusieurs pays, dont la France, souhaitent limiter l'accès des jeunes aux écrans. « La science ne mesure plus des blocs d'heures figés mais la dynamique intime de l'interaction », peut-on lire dans ce document, qui a passé en revue la littérature scientifique de 2015 à 2025.

De nouveaux comportements à analyser

Le temps d'écran, variable qui a guidé chercheurs et politiques de santé publique « pendant plus de deux décennies », y est décrit comme un « prisme réducteur ». La recherche se penche désormais sur les pratiques des jeunes sur les écrans, comme le « switching », qui désigne le basculement fréquent (toutes les 10 à 20 secondes) d'une application à une autre, et le « passive scrolling », soit le fait de faire défiler, souvent des heures durant, des vidéos sur TikTok ou des posts sur X. Ces comportements ont pour conséquences « une altération directe » du développement physiologique des jeunes, des risques accrus de troubles anxieux et dépressifs, ou encore un état de sommeil « sentinelle », où l'on reste inconsciemment en attente de notifications, alerte le rapport.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les industriels jugés responsables

Le rapport constate que parents et enfants ne peuvent plus être tenus pour seuls responsables, face « à des ingénieries industrielles précisément conçues pour capter et monétiser leur attention ». Outre les recommandations d'hygiène numérique dans un contexte familial, les auteurs préconisent aux autorités d'instaurer une « majorité numérique à 15 ans » et de responsabiliser les acteurs de l'industrie du numérique.

Tout comme l'Australie, qui interdit depuis fin 2025 les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, un nombre croissant de pays entendent restreindre l'accès des mineurs à TikTok, Instagram et autres Snapchat. En France, le gouvernement souhaite interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans d'ici à septembre 2026. Mais le projet de loi, adopté en avril par le Sénat dans une version remaniée, devra prouver sa conformité avec le droit européen avant d'entrer en vigueur, ce qui pourrait ralentir le calendrier.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale