Le Parlement a définitivement adopté mercredi 15 juillet 2026 la proposition de loi visant à créer un droit à l'aide à mourir. Pour entériner cette promesse d'Emmanuel Macron maintes fois retardée, le gouvernement avait donné le dernier mot à l'Assemblée nationale, qui a approuvé le texte par 291 voix contre 241.
Le rôle clé de la Convention citoyenne
En amont de ce texte, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) avait été saisi par le gouvernement de l'organisation d'une convention citoyenne lancée en décembre 2022. Ancienne présidente du comité de gouvernance de la convention citoyenne sur la fin de vie, Claire Thoury a encadré ce processus. Aujourd'hui présidente du Cese, elle met en lumière le rôle des conventions citoyennes comme outils démocratiques favorisant un débat nuancé et apaisé.
« Sur la fin de vie, la Convention citoyenne a permis d'apaiser le débat », déclare Claire Thoury dans un entretien accordé à l'occasion du vote solennel. Selon elle, ce dispositif a permis de sortir d'une opposition binaire pour aborder la question avec plus de sérénité.
Un outil démocratique plébiscité
La Convention citoyenne sur la fin de vie a réuni 184 citoyens tirés au sort, représentatifs de la diversité de la société française. Pendant plusieurs mois, ils ont auditionné des experts, des professionnels de santé et des associations, avant de rendre un avis qui a largement influencé le texte final. « Les citoyens ont su faire preuve d'une grande maturité et d'une capacité d'écoute remarquable », souligne Claire Thoury.
Elle insiste sur l'importance de ce type de démarche pour renforcer la confiance dans les institutions : « La Convention citoyenne a montré que le débat démocratique peut être constructif, même sur des sujets aussi sensibles que la fin de vie. »
Un vote historique
L'adoption de la loi par l'Assemblée nationale constitue un tournant majeur dans la législation française. Le texte prévoit un droit à l'aide à mourir pour les personnes atteintes d'une maladie incurable et en phase avancée, sous conditions strictes. « C'est une avancée sociétale importante, qui répond à une demande forte de la population », commente Claire Thoury.
Le processus n'a pas été sans opposition : 241 députés ont voté contre, reflétant les clivages profonds sur ce sujet. Mais pour la présidente du Cese, « le débat a été apaisé grâce à la Convention citoyenne, ce qui a permis d'aboutir à un texte équilibré ».
L'avenir des conventions citoyennes
Claire Thoury espère que ce succès encouragera le gouvernement à recourir plus souvent à ce type de dispositif. « Les conventions citoyennes ne sont pas une solution miracle, mais elles sont un complément précieux à la démocratie représentative », estime-t-elle. Elle appelle à généraliser cette pratique sur d'autres sujets de société, comme la transition écologique ou l'intelligence artificielle.
« La fin de vie a été un test réussi. Nous avons montré que les citoyens peuvent contribuer à des décisions complexes et controversées avec sérieux et responsabilité », conclut-elle.



