L'Assemblée nationale a adopté définitivement ce mercredi le droit à l'aide à mourir, une mesure qui continue de diviser profondément la société française. Pour les uns, c'est un aboutissement ; pour les autres, une rupture grave.
L'ADMD salue une étape et appelle à la vigilance
Yoann Brossard, secrétaire général de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), a qualifié cette adoption d'« étape » plutôt que d'aboutissement. « Nous allons continuer à travailler et être vigilants sur la rédaction des décrets d'application de façon à ce qu'il n'y ait pas de restrictions par rapport à ce qu'ont voulu faire les parlementaires », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la nécessité d'une applicabilité sur l'ensemble du territoire une fois la loi en vigueur.
France Assos Santé et le CESE soutiennent la loi
France Assos Santé a salué « un nouveau droit pour les patients » qui « vient compléter et non concurrencer » les dispositifs existants comme les soins palliatifs. L'association a souligné qu'il faudra « créer les conditions de son effectivité : former les professionnels, développer les espaces de réflexion éthique, garantir une information claire des patients et de leurs proches, articuler l'ensemble des droits existants et renforcer une culture de l'anticipation dans les parcours de soins ». Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a relevé « un processus démocratique complet », initié par la Convention citoyenne sur la fin de vie, qui s'était prononcée à 75,6 % pour l'aide active à mourir.
L'Église de France dénonce une rupture grave
La nouvelle loi marque « une rupture grave dans l'histoire de notre pays », ont déploré les représentants de l'Église de France, dont le président de la Conférence des évêques Jean-Marc Aveline. « Les effets d'une telle législation ne se mesurent pas encore mais ils se dessinent déjà. Notre rapport à la vulnérabilité, à la vieillesse, au handicap ou à la maladie, changera », ont-ils ajouté. L'Église appelle « les établissements catholiques de soin à être des témoins fidèles de l'indispensable attention éthique au respect des valeurs humaines fondamentales, en s'abstenant de comportements clairement illicites d'un point de vue moral, en vertu de la dignité de toute vie humaine ».
La SFAP et Alliance Vita opposées à la loi
La Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) a indiqué qu'elle « continuera de défendre sans relâche la priorité au soin, pour que la réponse à la souffrance demeure d'abord l'accompagnement et le soulagement, et non le suicide assisté ou l'euthanasie », malgré cette loi « qui défait le sens du soin ». Alliance Vita, qui milite contre l'avortement et l'euthanasie, a regretté que « la loi du plus fort l'emporte ». Selon l'association, « les députés ont fait le choix d'organiser la mort plutôt que d'assurer pleinement la responsabilité d'accompagner, de soigner et de soulager ». Le Syndicat de la famille, héritier de la Manif pour tous, a annoncé qu'il « saisira tous les recours possibles dans les jours et les semaines qui viennent ».



