Cabri Jeunes : l'éloquence des lycéens alésiens récompensée
Cabri Jeunes : l'éloquence des lycéens alésiens primée

Le concours d'oralité du prix Cabri Jeunes a mis en lumière l'éloquence des lycéens alésiens. Entre masques sociaux, quête d'identité et solidarité, leurs mots ont révélé les doutes et la force d'une génération. De la littérature, de l'éloquence et beaucoup de courage. Ce vendredi 7 juin, la salle Alès-Cazot a accueilli le concours d'oralité du prix Cabri Jeunes, organisé dans le cadre du festival des Passeurs de Livres. Une journée durant laquelle plusieurs lycéens du bassin alésien ont réinterprété des œuvres littéraires, mais aussi livré leurs propres réflexions sur le monde qui les entoure.

Un travail de longue haleine

Depuis octobre dernier, des élèves des lycées Jean-Baptiste-Dumas, Jacques-Prévert et du Lycée Cévenol travaillaient autour de trois ouvrages sélectionnés pour le prix : La Soie et le fusil d'Alexis Blumbergs, Du même bois de Marion Fayolle et La Constance de la louve de Cécile Baudin. Seuls ou en groupe, ils ont proposé des lectures mises en scène, parfois accompagnées de décors, de costumes ou d'une scénographie élaborée. Avant que les lycéens ne commencent leurs prestations, Cécile Baudin, auteure de La Constance de la louve, s'est vu remettre le prix Cabri Jeunes 2026.

Des prestations marquantes

Mais au-delà des prestations littéraires, ce sont surtout les prestations d'éloquence qui ont marqué les esprits. À travers les thèmes choisis, les lycéens ont laissé entrevoir les interrogations d'une génération confrontée au regard des autres, à la recherche d'identité et à la pression de la réussite. Du lycée Prévert, Mathias Cala s'est interrogé sur les masques que chacun porte en société à partir d'une citation d'Édouard Louis : « On ne cesse de jouer des rôles, mais il y a bien une vérité des masques. »

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Même citation, même réflexion chez Aalyah Benseghir, élève à Jean-Baptiste-Dumas, qui a questionné l'écart entre l'apparence et l'être. « Attention à ne pas devenir le masque que l'on porte », a-t-elle lancé au public, évoquant les dangers d'une société où l'image occupe une place croissante. Reprenant l'exemple du harcèlement scolaire, elle a démontré que, spécialement chez les jeunes hommes, « quand on était harcelé, on pouvait vite tomber dans une posture se rapprochant du harceleur, pour paraître plus fort. »

De son côté, Samuel Borrero-Prada s'est appuyé sur une citation de Gandhi : « Il n'est pas nécessaire d'éteindre la lumière des autres pour que brille la nôtre. » Une manière d'interroger la compétition omniprésente dans les études et le monde professionnel, notamment par l'exemple des réseaux sociaux et des interactions de paraître qui peuvent en découler. « Être meilleur ne veut pas dire être meilleur contre les autres », a-t-il rappelé, en assurant que la lumière ne faiblit pas quand on la partage. « Alors, à nous d'allumer les bougies pour s'éclairer les uns et autres. »

Le palmarès

À l'issue des délibérations, le jury présidé par Alain Bensakoun a récompensé le groupe composé de Yasmine, Arij et Salma par un prix d'encouragement. Augustine a décroché la deuxième place, tandis que Margot s'est imposée grâce à son interprétation remarquée de La Soie et le fusil.

Un message d'espoir

Lauréat 2025, le jeune Ivoirien Cheik Doukouré, aujourd'hui apprenti électricien au CFA de Méjannes, a adressé un message aux participants : « N'oubliez jamais de lire. Chaque lecture est une occasion de grandir, d'apprendre et d'être libre ! »

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