Depuis l'épisode caniculaire de 2003 qui avait causé le décès de 20 000 personnes en France, les communes ont adopté des dispositifs de gestion sanitaire des vagues de chaleur. À Brignoles, dans le Var, le Centre communal d'action sociale (CCAS) mobilise des bénévoles pour soutenir à distance les personnes sensibles.
Un plan canicule pour les plus vulnérables
Le département du Var a été touché par plusieurs vagues de canicule intenses depuis le 22 juin 2026, avec des températures souvent supérieures à 35 °C. Il a été placé trois fois en vigilance orange et deux fois en vigilance jaune. Pour limiter les dégâts humains, le CCAS de Brignoles a mis en place son plan canicule, qui vient en aide aux personnes porteuses d'un handicap ou aux seniors isolés, des profils très vulnérables aux fortes températures.
Cette année, le CCAS a sollicité plusieurs bénévoles issus d'associations comme le Secours Catholique et les Petits Frères des Pauvres pour passer des appels préventifs. « Généralement ce sont des gens qui ne peuvent plus trop se déplacer et qui sont un peu éloignés des outils numériques. Ce sont leurs proches qui viennent les inscrire sur notre registre », explique Lukas Dubus, bénévole des Petits Frères des Pauvres.
Des appels adaptés à la météo
La fréquence des appels varie en fonction de la météo : « On peut passer d'un coup de téléphone par semaine en vigilance jaune à un suivi quotidien lors d'une alerte rouge », précise Lukas Dubus. Vendredi dernier, il est arrivé à son bureau vers 9 h 45. Sur les 141 personnes inscrites, il devait en contacter une quarantaine. « On leur demande si tout va bien et s'ils ne manquent de rien. Ce matin, une dame s'est plainte d'un problème de réfrigérateur, une autre paniquait car son ventilateur ne fonctionnait plus. »
Dès qu'un administré rencontre des difficultés, Lukas Dubus transmet la demande au CCAS pour lancer une intervention. « C'est très rare qu'on aille sur place, le but de l'appel c'est de s'aérer l'esprit et de prendre des nouvelles. Par contre lorsqu'il y a un problème, il faut être réactif et agir efficacement », affirme le bénévole originaire de Flassans-sur-Issole.
1 500 appels et 13 interventions depuis juin
Depuis le début du mois de juin, 1 500 prises de contact et 13 interventions ont été réalisées par le personnel du centre d'action social. « On cible un public fragile qui a besoin d'être écouté », soutient Lukas Dubus. Au fil des échanges, le jeune homme de 23 ans a vite mesuré que cette expérience pouvait lui apporter « bien plus qu'une simple ligne sur son CV ».
« Lors de mon premier appel, j'avais une petite appréhension, mais la plupart des gens au bout du fil sont d'une gentillesse incroyable. Les personnes que j'accompagne ont des parcours passionnants et de belles histoires à raconter. Même si je suis là avant tout pour les aider, c'est très enrichissant pour moi de les écouter », admet le bénévole, illustrateur de métier. « Il y a des profils et des caractères extrêmement variés. Certains sont très bavards et peuvent parler sans problème pendant vingt minutes, d'autres sont un peu plus réservés. Dans ces cas-là, c'est à nous de faire la discussion, ce qui me va très bien : c'est un véritable plaisir de faire de nouvelles rencontres. »



