Alors que le baccalauréat 2026 approche, l'organisation de l'épreuve de mathématiques en langue basque suscite de vives interrogations parmi les enseignants et les élèves. Prévue pour cette année, cette épreuve doit permettre aux candidats de passer l'examen dans leur langue régionale, conformément à la loi relative à la protection patrimoniale des langues régionales.
Un manque de préparation dénoncé
Les syndicats enseignants tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, les délais de mise en œuvre sont trop serrés et les moyens alloués insuffisants. « Les professeurs n'ont pas reçu de consignes claires sur le contenu de l'épreuve ni sur les modalités d'évaluation », déplore un représentant syndical. De plus, les manuels scolaires en basque pour les mathématiques ne sont pas encore disponibles, ce qui complique la préparation des élèves.
Des conséquences sur l'égalité des chances
Les enseignants craignent que cette précipitation ne pénalise les élèves. « Les candidats qui choisissent de passer l'épreuve en basque risquent d'être désavantagés par rapport à ceux qui la passent en français », explique un professeur de mathématiques. L'absence de supports pédagogiques adaptés et de formation spécifique pour les correcteurs accentue ces inquiétudes.
Les réactions des autorités académiques
Le rectorat de l'académie de Bordeaux, compétent pour la région basque, tente de rassurer. Dans un communiqué, il affirme que « tout est mis en œuvre pour que l'épreuve se déroule dans les meilleures conditions ». Des sessions de formation pour les enseignants sont prévues en juin, mais les syndicats jugent ce calendrier trop tardif.
Un précédent avec le breton
L'expérience du breton au baccalauréat en 2025 avait déjà montré des difficultés similaires. Les épreuves de mathématiques en breton avaient été marquées par des problèmes de traduction et de notation. Les associations de défense des langues régionales espèrent que les leçons seront tirées pour le basque.
Les élèves entre espoir et inquiétude
Du côté des lycéens, l'enthousiasme pour l'épreuve en basque est réel. « C'est une reconnaissance de notre langue et de notre culture », se réjouit un élève de terminale. Mais l'inquiétude domine face à l'absence de préparation. « Nous ne savons pas à quoi nous attendre, et cela nous stresse », confie-t-il.
Un appel à un report
Face à ces incertitudes, certains syndicats et associations demandent le report de l'épreuve à 2027. Ils estiment qu'une année supplémentaire permettrait de mettre en place les conditions nécessaires à une épreuve équitable. Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas encore répondu à ces demandes.
En attendant, les enseignants et les élèves du Pays basque avancent dans le flou, espérant que des clarifications seront apportées rapidement pour éviter que cette initiative historique ne se transforme en fiasco.



