Alorgasmie : 39% des Français pensent à une autre personne pendant l'acte
Alorgasmie : 39% des Français pensent à un autre pendant l'acte

Un collègue, un voisin, un ami d'ami… Fantasmer sur une connaissance est loin d'être rare, et pour certains, ces rêveries s'invitent sous la couette. D'après une étude Discurv pour XLovecam publiée ce mercredi, 39% des personnes interrogées ont déjà, pendant un rapport sexuel avec leur partenaire, pensé à une autre personne pour atteindre l'orgasme plus facilement. Près d'une sur dix (8%) le fait même souvent.

Qu'est-ce que l'alorgasmie ?

Penser au regard perçant, aux biceps saillants ou aux fesses bombées de votre « crush » pour attiser votre excitation lors d'un moment intime avec votre moitié porte un nom : l'alorgasmie. Dans son cabinet, Magali Croset-Calisto, psychologue, sexologue et autrice de La sexualité qu'est-ce que ça change ? (Éditions Labor et Fides, 2025) reçoit de nombreuses personnes concernées. « Souvent, elles culpabilisent et redoutent que ce fantasme révèle une vérité cachée sur leur couple ou sur leurs sentiments », témoigne la psychologue.

Un imaginaire érotique normal

« Cela n'a rien de pathologique et fait partie du fonctionnement ordinaire de l'imaginaire érotique, rassure Magali Croset-Calisto. Le désir mobilise toute une vie intérieure avec ses souvenirs, ses fantaisies et ses projections. » En gros, chacun a besoin d'un espace psychique personnel qui ne se confond pas avec la réalité. Et la sexologue le rappelle : une pensée ne fait pas une infidélité.

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« C'est un espace mental qui peut coexister avec la relation, sans forcément la menacer », appuie Céline Vendé, sexologue et thérapeute de couple. Les travaux scientifiques soutiennent d'ailleurs cette vision. Une étude canadienne publiée dans la revue Archives of Sexual Behavior et réalisée sur 546 personnes en couple stable montre que ces pensées ne sont pas corrélées à une baisse de satisfaction relationnelle. Les chercheurs n'ont constaté aucun lien avec l'insatisfaction amoureuse ou le désengagement envers son partenaire.

Un outil parmi d'autres

Réveiller un souvenir érotique ou convoquer une figure idéalisée peut stimuler la chimie du désir. « L'alorgasmie peut permettre d'utiliser un scénario plus transgressif, de se reconnecter à soi, de combler un manque ponctuel lié à la fatigue ou au stress, de faciliter le lâcher-prise ou de sortir d'une pensée de performance en déplaçant l'attention », considère Céline Vendé.

Mais pour rester un ingrédient sain, l'alorgasmie doit rester un outil parmi d'autres, être ponctuelle, coexister avec une présence réelle au partenaire et ne pas générer de honte envahissante. « Le risque n'est pas de penser à quelqu'un pendant quelques secondes mais d'automatiser le geste », souligne Céline Vendé.

« Si ces pensées deviennent systématiques, indispensables à l'excitation ou qu'elles remplacent durablement la rencontre avec le partenaire, elles peuvent révéler un problème plus profond », analyse Magali Croset-Calisto. Les deux thérapeutes estiment qu'il faudrait, dans ce cas, consulter un ou une sexologue afin de comprendre ce que ces pensées omniprésentes racontent du désir, de l'attachement et de la vie du couple.

* Étude Discurv pour XLovecam réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 13 au 15 mai 2026 auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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