Plus d'une centaine de fidèles se sont réunis ce vendredi 10 juillet 2026 sous un grand chapiteau dressé au milieu de centaines de caravanes, sur le pré de Levens, dans l'arrière-pays de Nice. Jusqu'au 24 juillet, la communauté Vie et Lumière, branche de la Mission évangélique des Tziganes de France, y tient des veillées plusieurs soirs par semaine. Fondé en 1954 par le pasteur Clément Le Cossec et affilié à la Fédération protestante de France, le mouvement revendique plus de 130 000 membres et 404 églises dans le pays.
Un culte pentecôtiste sous le chapiteau
Sous la toile, un pupitre orné d'une simple croix surplombe des centaines de chaises en plastique. L'assistance est majoritairement masculine, avec des femmes aux cheveux voilés et des enfants. À l'exception de quelques invités sédentaires, tous sont des voyageurs. Une bâche annonce en lettres capitales : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. »
Le culte, d'obédience pentecôtiste, alterne chants, témoignages et sermons. Accompagné de deux guitares sèches, un chœur entonne : « Nous sommes les messagers du Ciel, nous voici pour Te servir, alléluia, nous annonçons Ton retour. » La foule répond « Amen », exprimant de grands espoirs quant à l'accomplissement des promesses bibliques.
Témoignages de conversion et de guérison
Un homme de trente ans témoigne : « Du temps où j'avais pas la foi, j'étais orgueilleux. Je passais au camping avec mon auto, je faisais le beau, je courrais derrière les vêtements. J'étais fondé sur du sable. Mais ma sœur est tombée malade et j'ai vu comment mes proches ont traversé cette épreuve grâce à notre Seigneur. Moi aussi j'ai senti Sa présence. Et voilà dix-huit ans que je me suis converti. » L'assistance répond : « Gloire à Dieu. »
Le pasteur Charles Caplot affirme : « Nous avons de très nombreuses conversions. Les gens ont besoin d'aide. Ils avaient des problèmes dans leurs familles, parfois des addictions à la drogue, aux jeux d'argent. Et ils ont été sauvés. » Avant la messe, il expliquait que Dieu, par l'intercession de la Mission, avait réussi à apaiser les tensions entre Roms, Sinté, Yenniches, gitans et manouches : « Avant, on ne pouvait pas camper tous ensemble. »
Dons spirituels et lutte contre l'occulte
Une femme raconte une guérison miraculeuse : « Mon père avait une tumeur au cerveau, il perdait la mémoire. Après l'opération, les médecins ont dit qu'un vide resterait dans sa tête. Mais le cerveau a repris sa place. Dieu est intervenu. » Pour les pentecôtistes, les dons du Nouveau Testament sont toujours actifs. Une jeune femme, prise de transe, prie dans un langage incompréhensible. Le pasteur Manix explique : « C'est un don divin qui se manifeste parfois pendant les louanges. »
Le pasteur se félicite que « d'anciennes pratiques occultes, très ancrées dans la communauté, finissent par disparaître. J'ai accompagné des gens qui avaient recours à des guérisseurs, des voyants, ou le ouija. Ils pensaient communiquer avec leurs proches décédés. En fait, ils parlaient à un démon. »
Appel au Saint-Esprit sans réponse
À la fin de la messe, les pasteurs invitent l'assemblée à accueillir le Saint-Esprit : « Ceux qui sont prêts à le recevoir peuvent lever la main. » Mais personne ne répond. Les caravanes repartiront dans dix jours vers Aix-en-Provence.



