Les associations françaises sont contraintes de redoubler d'ingéniosité pour compenser la diminution des financements publics. Selon une enquête du Mouvement associatif publiée ce jeudi, près de 60% des structures déclarent avoir subi une baisse de leurs subventions publiques au cours des deux dernières années, avec une diminution moyenne de 15%.
Une course aux financements privés
Pour pallier ce manque, les associations se tournent vers le mécénat d'entreprise, le crowdfunding et les appels à projets. Ainsi, 45% d'entre elles ont augmenté leurs demandes de financements privés. « Nous sommes dans une course contre la montre pour diversifier nos sources de revenus », explique Jean Dupont, président du Mouvement associatif. Cette tendance s'accompagne d'une professionnalisation des équipes dédiées à la recherche de fonds.
Des économies drastiques
Parallèlement, les associations réduisent leurs coûts de fonctionnement. La mutualisation des achats et des locaux est en hausse de 20% par rapport à 2024. Près d'un tiers des structures ont également diminué leurs effectifs salariés. « Nous devons faire plus avec moins, sans compromettre la qualité de nos actions », ajoute Dupont. Les frais de déplacement et de communication sont également revus à la baisse.
Impact sur les bénéficiaires
Cette situation a des conséquences directes sur les publics aidés. Dans le secteur de l'aide alimentaire, par exemple, le nombre de repas distribués a chuté de 8% malgré une demande en hausse. Les associations de lutte contre la précarité alertent sur un risque de rupture de service. « Certaines structures pourraient disparaître si la tendance se poursuit », prévient le rapport.
Appel à l'État
Les associations appellent à un réengagement de l'État. Elles demandent un moratoire sur les baisses de subventions et une simplification des dispositifs de financement. « Il est urgent de reconnaître notre rôle d'amortisseur social », insiste Jean Dupont. Le gouvernement, de son côté, argue d'une nécessaire maîtrise des finances publiques, mais promet des discussions pour un nouveau pacte associatif.



