Incendie à Cannes : une locataire vit sous un plafond qui s'effondre
Cannes : cuisine inondée après incendie, locataire désemparée

Depuis l'incendie qui a ravagé un appartement au premier étage de la résidence sociale des Oliviers à Cannes Ranguin, le samedi 19 septembre, Vincente Patraque, locataire du rez-de-chaussée, vit dans une cuisine transformée en piscine. Le plafond, rongé par l'humidité, laisse tomber des morceaux d'enduit et des seaux doivent être vidés en permanence. L'OPH de Cannes propose désormais un mobil-home au camping Belle vue, à 500 mètres de son domicile, avec prise en charge des frais et suspension du loyer.

Une cuisine inondée et des meubles endommagés

Dans son F3 de 70 m², Vincente Patraque décrit un quotidien devenu invivable. « Le placard s'est décroché, les autres meubles sont foutus, et j'ai peur de bouger mon frigo de peur que tout bascule », confie-t-elle. Le « flic floc » du plafond annonce le spectacle : des bassines et des seaux se remplissent à grande vitesse, des serviettes trempées jonchent le sol, et des morceaux d'enduit se sont accumulés, creusant un petit cratère dans le plafond. La moisissure est apparente et l'humidité ronge le mobilier.

« On a d'abord été inondés par toute l'eau déversée par les pompiers pour éteindre l'incendie. Mais ça continue de couler car les canalisations sont également touchées », explique la locataire, qui partage son logement avec sa fille de 25 ans et trois chiens. De santé fragile, elle doit se rendre chaque matin dans cette pièce pour prendre son traitement. « Je dois relever mon pantalon pour ne pas me tremper, et j'ai toujours peur de glisser. Et puis je suis infestée de moustiques, au niveau sanitaire, il y a de quoi s'inquiéter. Ce qui est sûr, c'est que je ne peux plus du tout y faire à manger ! »

Un relogement compliqué pour la locataire

Deux experts ont inspecté les lieux et ont conclu que l'appartement est « inhabitable », selon Vincente Patraque. Après quelques jours passés dans un hôtel aux frais de son assurance, cette manutentionnaire salariée souhaite être relogée dans un appartement équivalent. Mais l'OPH lui a d'abord proposé un camping à Pégomas, sans voiture et sans possibilité d'emmener ses chiens. « Ils me disent aussi qu'ils n'y sont pas contraints par la loi. Mais que dire de la sortie d'évacuation fermée avec trois cadenas au quatrième étage, sans extincteur ? », interroge-t-elle, évoquant également une « surévaluation des charges en raison d'une fuite dans les combles il y a deux ans ».

La situation est tendue pour l'Office public de l'habitat (OPH) de Cannes. Didier Vescovi, son directeur, précise : « Nous n'avons pas de solution miracle, mais on ne laisse pas nos locataires dans la panade ! » Selon lui, 9 500 demandes de logement sont en attente sur tout le parc locatif, alors que seuls 200 à 250 logements se libèrent chaque année. « La situation est très tendue, nous ne disposons pas de réserves. » Après négociations, notamment pour l'acceptation des chiens, l'OPH propose à Vincente Patraque d'intégrer un mobil-home chauffé et climatisé au camping Belle vue de Cannes, à 500 mètres de son domicile.

Des travaux en attente d'expertise

« Tous les frais d'hébergement seront pris en charge, et les loyers des locataires sont suspendus durant la non-occupation des appartements, ce qui nous coûtera 1 200 euros par mois », précise Didier Vescovi. L'occupant du premier étage, qui « souffre de troubles psychologiques, est hospitalisé et pris en charge par les services sociaux de la Ville mais ne sera sans doute pas réintégré dans son logement ». La locataire du 2e étage, Madame Mendes, doit également être relogée à cause de la suie qui a imprégné son domicile. Dans le hall d'entrée, l'électricité est coupée et deux seaux témoignent d'un autre écoulement.

Un expert béton est encore passé ce mercredi 30 septembre. « En principe, c'est la dernière expertise pour les assurances. Après leurs rapports, nous pourrons engager la phase chantier », indique le directeur de l'OPH. « La chaleur a probablement endommagé les réseaux d'eau froide, puis d'eau chaude, mais nous les avons coupés. On espère le moins de dégâts possible, mais on continue de suivre nos locataires de près… » En attendant, il devrait enfin s'arrêter de pleuvoir dans la cuisine de Madame Patraque.