Antibes : le Café des Fiertés crée un espace safe pour la communauté queer locale
Antibes : un café queer pour une communauté locale

Antibes : le Café des Fiertés, un havre de paix pour la communauté queer

À l'occasion de la Journée internationale de la visibilité lesbienne, ce dimanche 26 avril, Kim et Julien organisent la deuxième édition du Café des Fiertés à Antibes. Ce concept unique, né d'une rencontre fortuite lors d'un job saisonnier de cueillette de jasmin, vise à offrir un espace bienveillant et inclusif pour la communauté queer locale.

Un vide à combler entre Cannes et Nice

« Cannes a connu un véritable âge d'or gay et à Nice, il y a le centre LGBTQIA+, des librairies, des associations... mais entre les deux, il n'y a rien », déplorent Kim et Julien. C'est ce constat qui les a poussés à agir. Leur projet a mûri au fil de conversations profondes, où ils ont imaginé un lieu différent : ni un café traditionnel, ni un bar, ni une boîte de nuit, mais un espace où chacun peut échanger et exister sans justification.

Des parcours personnels marqués par l'absence de repères

Julien, originaire d'Antibes, a quitté la ville à dix-huit ans pour Paris, fuyant un sentiment de malaise. « Je n'arrivais pas à m'assumer ici », confie-t-il. Après vingt-cinq ans dans la capitale, où il a trouvé une communauté et appris à s'aimer, son retour à Antibes a été un choc : « Il n'y a que des applications de rencontres glauques. Ça n'aide pas à se construire ni à faire communauté ».

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Kim, qui a grandi à Valbonne, connaît aussi cette solitude. « On a besoin de repères, de gens qui ont des chemins de vie parallèles. Ça aide pour se comprendre, se reconnaître », explique-t-elle. Pour eux, grandir sans modèles queer, c'est avancer dans le brouillard, sans savoir qu'il est possible d'être soi-même.

Des événements culturels pour tisser des liens

La première édition du Café des Fiertés a eu lieu le 21 mars, avec la projection de When We Rise, une mini-série sur les luttes LGBTQIA+ aux États-Unis. Une quinzaine de personnes, venues d'Antibes, Cannes ou Nice, ont participé, créant des moments d'échange et de sourires.

Pour cette deuxième édition, alignée sur la Journée de la visibilité lesbienne, des lectures de textes sélectionnés à la librairie féministe Vigna de Nice sont au programme. « On veut rester sur des petits formats culturels. Ce n'est ni une grosse soirée, ni un festival », précise Kim. Julien ajoute : « On ne demande pas une gay pride, mais juste un espace où la communauté queer locale peut se rencontrer et se reconnaître ».

Des projets d'avenir et une vision inclusive

Déjà, une troisième édition est en préparation, avec un atelier d'écriture sur le thème du coming-in et du coming-out. À plus long terme, Kim et Julien espèrent élargir le cercle : « À terme, il faut des gens pour prendre le relais, que ça fonctionne tout seul. Créer un petit groupe impliqué et fidèle », souhaite Julien.

Ils rêvent aussi d'un lieu intergénérationnel, accueillant des familles confrontées au coming-out d'un enfant. Conscients que « les droits sont très longs à acquérir et très faciles à perdre », ils avancent pas à pas, offrant un endroit où personne ne se sent seul. « Il est temps qu'Antibes fasse son coming-out ! », lance Julien, résumant leur mission : planter une graine dans un désert, pour que la communauté queer locale puisse enfin s'épanouir.

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