Le nouveau maire de Castelnau-le-Lez, Julien Miro, a choisi le quartier Eurêka pour dresser son bilan des cent premiers jours de mandat. Entouré de grues et d'immeubles en construction, il a dénoncé l'absence d'équipements publics dans ce secteur très dense. « Dans ce quartier, il reste dix lots constructibles, mais déjà 1 823 logements et aucun équipement public : pas de police, pas d'école, pas de parc. Pas même une place pour se retrouver », a-t-il déclaré.
Un plan « stop à la bétonnisation »
Julien Miro a réaffirmé sa décision de ne plus signer aucun permis pour de nouveaux immeubles de logements. En cent jours, il a exigé des chantiers plus de « créativité ». Il cite l'exemple de l'avenue Aristide-Briand, bloquée pendant un an sous son prédécesseur à cause d'une grue. « Quand le promoteur est venu me faire une nouvelle demande pour un autre chantier, je lui ai refusé l'autorisation d'occuper le domaine public. Ça lui a pris un mois de plus, peut-être un coût supplémentaire, mais il s'est débrouillé. On peut agir sur le réel. »
Le maire assure que 15 000 € d'amendes ont déjà été infligées aux entreprises contrevenantes. Les deux « bureaux des signalements », où les habitants peuvent venir sans rendez-vous, ne désemplissent pas.
Une école de proximité en projet
Pour le projet de construction d'une nouvelle école dans le quartier Eurêka, la commune doit négocier un terrain avec la Serm-Altémed. Julien Miro se dit confiant sur l'obtention de postes du rectorat, malgré l'annonce d'une fermeture de classe à Jean-Moulin. « Il s'agira d'une école de proximité. Il y a 200 enfants d'Eurêka scolarisés au groupe scolaire Jacques-Chirac ; on libérera des classes là-bas, qui trouveront, si besoin, une autre utilité. »
Un travail est également engagé avec la métropole pour sécuriser les pistes cyclables entre Eurêka et le groupe scolaire Chirac. Le maire a réaffirmé sa décision d'investir rapidement 168 000 € pour des climatiseurs ou autres systèmes de rafraîchissement dans les bâtiments publics. « Jacques-Chirac a beau être un bâtiment neuf, il est vitré et il y fait chaud. Idem pour la crèche Madiba. Nous avons aussi des équipements sportifs pas utilisables par fortes chaleurs. »
Une opposition très critique
L'opposition, que Julien Miro préfère appeler « les minorités », s'est montrée sévère. Richard Corvaisier (Ici et ensemble) estime que le maire « est toujours en mode campagne et n'a pas pris la posture de maire ! On a vu cent vidéos TikTok surtout. Et pas le début d'un projet structurant. En conseil, ses réponses sont des slogans et il coupe le micro, ça n'augure rien de bon. Agiter la peur sur la sécurité, en présentant des chiffres sans dire que la population a augmenté de 20 % dans la même période, n'est pas une bonne chose non plus. »
Najate Haïe (Réinventer Castelnau) dénonce « la communication tous azimuts et une politique d'affichage sans forcément de projets engagés et de cohérence. Où est la politique sociale ? En direction des jeunes ? » Si elle approuve l'investissement pour rafraîchir les bâtiments publics, elle « ne décolère pas » sur la visite du jeune maire à Robert Ménard, maire de Béziers. « Le maire de Béziers est le chantre de l'union des droites, l'homme qui a tenu des listings d'enfants musulmans, fait poser des affiches violentes, il y a des faits. Que sa première sortie extérieure en tant que maire de Castelnau soit celle-ci est une faute politique. »
L'ancien maire Frédéric Lafforgue pointe dans sa tribune du journal municipal : « 100 jours de mandat, beaucoup d'images, peu de vision » et estime que « la politique ne peut pas se réduire à désigner des coupables commodes », comme les promoteurs.
Des mesures de sécurité et un audit financier
Julien Miro a engagé une réflexion sur trois postes de police annexe (dont un à Eurêka), l'achat de quatre voitures de patrouille équipées et des recrutements de policiers. Une brigade à moto verra le jour d'ici la fin de l'année et, dès août, les caméras permettront de verbaliser les comportements dangereux sur la route. Pour les finances, un audit a été lancé « sur la gestion municipale qui a été la même pendant 43 ans », dit-il avant de se reprendre : « enfin cela concernera surtout le dernier mandat », qui, selon lui, « a manqué de transparence ».



