À Saint-Paulet-de-Caisson, dans le Gard, l'habitat inclusif révolutionne la vie des seniors et attire l'attention des pouvoirs publics. Geneviève Mannarino, représentante de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), a visité la résidence Le Clos Roman le mercredi 10 juin, dans le cadre d'une tournée de trois jours dans le département. Cette initiative vise à promouvoir des solutions alternatives face au vieillissement de la population.
Un modèle d'habitat partagé
Depuis près de six ans, Nadine, 85 ans, et Thérèse, 83 ans, cohabitent dans un appartement de plain-pied comprenant deux chambres et un petit extérieur. Ce mercredi après-midi, elles participent à un jeu de cartes avec d'autres résidents. « On vient le lundi, le mercredi, le vendredi. Il y a souvent du monde, cela dépend des rendez-vous que chacun peut avoir chez le médecin », expliquent-elles. Interrogées par Geneviève Mannarino sur leur bien-être, elles répondent : « On est chez nous ici. »
La Maison en partage Le Clos Roman, inaugurée en 2022, est gérée par la Semiga (société d'économie mixte immobilière du Gard). Elle comprend 14 logements adaptés aux personnes à mobilité réduite, tous occupés. Située à proximité de commodités (médiathèque, pharmacie, arrêt de bus) et d'une maison médicale, la résidence offre un jardinet et une salle commune où des animations sont organisées par l'association Bonjour (ex-Présence 30).
Une alternative nécessaire
Pour Christophe Serre, maire de Saint-Paulet-de-Caisson et premier vice-président du Département chargé de l'autonomie, ce type de structure permet de maintenir la population sur le bassin de vie. « Quand on en a eu l'idée, c'était dans le but de répondre au besoin de certaines personnes qui ne sont pas prêtes à aller en Ehpad », explique-t-il. Geneviève Mannarino souligne que l'habitat inclusif permet de « sortir de la réponse binaire domicile-Ehpad » et de proposer de nouveaux lieux de vie, d'autant plus dans un pays où la population vieillit.
Malgré un contexte économique inquiétant, elle insiste sur l'importance de répondre aux besoins des seniors. « En permettant de vivre plus longtemps dans des lieux comme celui-ci, on peut avoir un impact positif sur l'économie avec la réduction des dépenses médicamenteuses, etc. », ajoute-t-elle. La représentante de la CNSA a salué la « dynamique » du Gard en matière d'habitat inclusif, qualifiant cette politique de « nécessaire ».
Des projets en expansion
Depuis 2012, le conseil départemental du Gard a lancé le label Maison en partage et initié un partenariat entre communes et bailleurs sociaux. Christophe Serre, également président de l'agglomération du Gard rhodanien, annonce de nouveaux projets : « Il y en a qui vont sortir de terre à Saint-Julien-de-Peyrolas, à Saint-Alexandre, et d'autres sont en projet comme à Saint-Michel-d'Euzet ou Laudun-l'Ardoise. » Il estime que le sujet du grand âge sera l'un des enjeux de la prochaine présidentielle.



